L‘Université Général Lansana CONTE de Sonfonia-Conakry a accueilli, ce mardi 5 mai 2026, le lancement du « Programme d’Excellence Féminine et d’Inclusion ». Portée par l’UNICEF et le gouvernement, cette initiative pilote offre à des jeunes filles et des personnes en situation de handicap une immersion professionnelle de six mois, visant à transformer le diplôme académique en véritable levier d’employabilité.
Le paradoxe de la jeunesse guinéenne : des talents, mais peu de débouchés
Le constat dressé lors de cette cérémonie est sans appel. En Guinée, 77 % de la population a moins de 35 ans, mais cette force vive se heurte à un mur à la sortie des facultés. Selon les données de l’AGUIPE, près de 60 % des 15-24 ans sont économiquement inactifs, un chiffre qui grimpe de façon alarmante pour les détenteurs de diplômes supérieurs.
Madame Maddalena Bertolotti, représentante de l’UNICEF en Guinée, a pointé une « invisibilisation » progressive de la jeunesse :

« Pour les jeunes filles, les obstacles sont encore plus importants. Elles représentent la moitié de la population, mais subissent un taux de sous-emploi nettement supérieur à celui de leurs homologues masculins. »
Une « passerelle rémunérée » vers le leadership
Pour répondre à l’exigence souvent paradoxale de « l’expérience préalable » lors du premier emploi, l’UNICEF propose une solution concrète. Ce programme n’est pas un stage classique, mais une immersion de six mois rémunérée et encadrée au cœur des programmes humanitaires et de développement de l’agence.
Les piliers du programme pilote 2026 :
Cibles : Jeunes talents de 18 à 25 ans (priorité aux filles et personnes vivant avec un handicap).
Zones couvertes : Conakry, Kankan, Nzérékoré et Labé.
Domaines d’action : Santé, éducation, RH, communication, administration et protection sociale.
Objectif : Intégration de la première cohorte dès le 1er juin 2026.
La réforme universitaire au service de l’insertion

Invitée d’honneur, la ministre de l’Enseignement Supérieur, Dre Diaka Sidibé, a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la réforme globale du système éducatif guinéen. L’objectif est désormais de faire des universités des pôles de production de « compétences immédiatement mobilisables ».
La réalité du terrain justifie cette urgence : chaque année, plus de 15 000 diplômés arrivent sur le marché, mais seuls 30 % d’entre eux trouvent un emploi dans l’année qui suit. « Il nous appartient collectivement d’apporter des réponses durables », a insisté la ministre, saluant l’aspect inclusif du projet.
Un levier de motivation pour Sonfonia

Pour le Recteur de l’UGLCS, le Professeur Daniel Lamah, accueillir ce lancement est un signal fort pour ses étudiants. En installant ce programme au cœur du campus, l’institution espère stimuler une saine émulation.
Au-delà de l’expérience technique, il s’agit de forger des leaders capables de naviguer dans des environnements professionnels structurés. Ce programme pilote pose ainsi les jalons d’une inclusion réelle, où le handicap ou le genre ne doivent plus constituer des barrières systémiques au talent et à l’ambition.
Kadiatou Diallo, pour Educationactu.com

















