L‘Institut Supérieur de Formation à Distance (ISFAD) a clôturé ce vendredi 26 juin 2026 une formation intensive de cinq jours axée sur l’ingénierie pédagogique numérique, la prise en main de la plateforme Moodle et l’usage raisonné de l’intelligence artificielle.
Porté par l’ISFAD avec l’appui technique et financier du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone, ce programme stratégique marque un tournant décisif vers la modernisation et la digitalisation globale de l’enseignement supérieur guinéen.
Moodle et l’ingénierie numérique : Donner corps aux contenus pédagogiques
Ce séminaire de cinq jours constitue la deuxième et dernière session d’un cycle de formation approfondi.
Une suite logique vers la concrétisation numérique

Ce second volet s’inscrit dans la continuité directe d’un premier atelier qui avait permis aux enseignants-chercheurs de structurer les aspects théoriques de leurs cours, de définir des objectifs clairs et de concevoir des évaluations adaptées. Pour Diallo Mamadou Saïdou Aliou, ingénieur pédagogique et chargé de formation, cette nouvelle session visait un ancrage résolument pratique : « L’objectif cette fois-ci était d’utiliser une plateforme de formation pour matérialiser et mettre à disposition des étudiants tout le contenu créé lors du premier atelier. »
Les travaux se sont ainsi articulés autour de deux axes essentiels :
Matérialisation des acquis : Les enseignants ont appris à intégrer, scénariser et mettre à disposition l’ensemble de leurs contenus sur la plateforme d’apprentissage Moodle.
Conception de modules hybrides : L’accent a été mis sur la création de parcours flexibles, alternant harmonieusement enseignement à distance et séances en présentiel.
L’objectif des organisateurs est désormais d’ancrer durablement ces outils au cœur des méthodes pédagogiques pour accroître l’interactivité, la motivation et le suivi de la progression des étudiants.

L’Intelligence Artificielle : Un assistant pédagogique à usage rationnel
La grande innovation de cette session réside dans l’introduction de l’Intelligence Artificielle (IA) appliquée à l’éducation. Loin de susciter de la méfiance, cette technologie a été accueillie avec un fort enthousiasme par les participants, qui y voient un puissant levier de performance.
Du côté des participants, les retours d’expérience témoignent d’une véritable prise de conscience :
Optimisation du temps : Monsieur Lancinet Doumbouya, enseignant-chercheur à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry, salue une « très belle initiative ». Selon lui, cette transition numérique va non seulement optimiser le temps de présence physique, mais aussi transformer la compréhension des étudiants grâce à des outils innovants.
Une révélation éthique : Madame Faye Salimatou Conté, Directrice régionale de l’ISFAD de Conakry, confie avoir découvert un potentiel qu’elle ignorait : « Pendant cette formation, on a appris l’utilisation de l’IA. Pour moi, c’était une découverte. J’ai compris qu’il est autorisé d’utiliser l’IA, mais de façon rationnelle et contrôlée.»
Bien appréhendée, l’IA ne remplace pas l’enseignant, mais renforce sa capacité à diversifier ses approches et à personnaliser l’accompagnement humain des apprenants.
Partenariat international et perspectives d’immersion en France
La cérémonie de clôture, qui a réuni les représentants du ministère de l’Enseignement Supérieur, de l’Ambassade de France ainsi que les responsables universitaires, a mis à l’honneur les 22 enseignants-chercheurs ayant suivi ce cursus avec assiduité.


Pour stimuler l’émulation et récompenser l’excellence, la Directrice Générale de l’ISFAD, Docteure Oumou Salamata Barry, a exprimé son grand sentiment de satisfaction et a annoncé une opportunité d’envergure pour les majors du programme : « Deux des meilleurs participants de cette session seront sélectionnés pour effectuer un stage d’immersion et de perfectionnement au sein d’une université partenaire en France. »
Cap vers la démultiplication des compétences
À la fin de cette formation, les attestations officielles ont été remises aux participants. Certificats en main, ces 22 enseignants-chercheurs endossent désormais le rôle de premiers ambassadeurs de la transition numérique au sein de leurs facultés.




Déjà, la dynamique de partage s’organise. Madame Ramatoulaye Traoré, enseignante-chercheure à l’Université GLCS-Conakry, se réjouit d’avoir appris à concevoir des cours hybrides complets sur Moodle et ambitionne de restituer rapidement ces acquis à ses collègues afin de généraliser ces pratiques. À l’image de son engagement, plusieurs participants ont manifesté leur volonté de propager ces compétences innovantes pour élever durablement la qualité du système éducatif guinéen.




SOW Telico, pour Educationactu.com






















