Malgré le mot d’ordre de « tolérance zéro » martelé par les autorités éducatives, la session 2026 du Baccalauréat unique fait face à ses premières secousses. Les services de cybersécurité ont démantelé plusieurs réseaux de fraude interconnectés sur les réseaux sociaux. Un enseignant de l’intérieur du pays est désormais activement recherché par la justice, illustrant la fermeté nouvelle de l’État guinéen face aux dérives numériques.
Le démantèlement de réseaux clandestins sur WhatsApp et Messenger
La riposte des autorités contre les fuites d’épreuves a pris une tournure technologique majeure cette année. Les investigations menées par les services de sécurité compétents ont permis de mettre au jour plusieurs plateformes clandestines sur les applications WhatsApp et Messenger.
Ces espaces virtuels, hautement cryptés, servaient à coordonner, partager et monnayer des solutions d’épreuves en temps réel au profit de candidats connectés.
Un enseignant de Kankan dans le collimateur de la justice
Les enquêtes de terrain visant à préserver l’intégrité du diplôme national ont déjà permis d’identifier les profils des cerveaux présumés de cette entreprise frauduleuse.
Le ministère de l’Éducation nationale recherche activement Alseny Camara, professeur de chimie en poste à Kankan, connu dans la sphère numérique sous le pseudonyme de « Mexes Mexes », ainsi qu’un autre administrateur clé utilisant le pseudo « Malo Malo ».
Tous deux sont soupçonnés d’avoir administré, animé et alimenté ces groupes de fraude pendant le déroulement des épreuves.
Une enquête élargie à l’ensemble des complices et bénéficiaires
Le département dirigé par le ministre Alpha Bacar Barry a fermement rappelé que la traque ne s’arrêterait pas aux seuls administrateurs. Les investigations se poursuivent à un rythme soutenu afin d’identifier, de localiser et d’entendre :
L’intégralité des membres inscrits dans ces groupes de discussion.
Les intermédiaires ayant facilité la logistique ou le transfert de fonds.
Les candidats ayant potentiellement bénéficié de ces réponses à l’intérieur des salles d’examen.
Le ministère invite instamment toutes les personnes impliquées à se mettre, sans délai, à la disposition des autorités compétentes avant que des mandats d’amener ne soient formellement exécutés.
Perspectives et rigueur réglementaire
Lancé ce lundi 29 juin après les sessions de l’examen d’entrée en 7e année et du BEPC, le Baccalauréat unique, session 2026, doit fermer ses portes le vendredi 3 juillet prochain.
Cette affaire rappelle que la fraude aux examens en République de Guinée n’est plus traitée comme une simple indiscipline scolaire, mais bien comme une infraction pénale grave, passible de lourdes poursuites judiciaires et de sanctions d’exclusion de longue durée. Les conclusions de cette enquête détermineront le degré de sécurisation de la chaîne de délibération des résultats.
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