Lancé le 29 juin 2026 sur toute l’étendue du territoire guinéen, le Baccalauréat unique est déjà secoué par une vague de tricheries technologiques sans précédent. Après seulement 48 heures d’épreuves, le ministère de l’Éducation nationale dresse un premier bilan alarmant : des centaines de téléphones saisis, des réseaux WhatsApp démantelés, et des dizaines d’élèves et surveillants lourdement sanctionnés, principalement dans les régions de la Haute-Guinée et de la Guinée forestière.
Un défi technologique face à la fermeté de l’État
Pourtant, les règles du jeu étaient claires. En amont des examens, le ministre de l’Éducation nationale, Alpha Bacar Barry, avait brandi l’arme de la tolérance zéro. Ses directives excluaient immédiatement tout candidat lié à des plateformes numériques frauduleuses et promettaient la radiation de la fonction publique ainsi que des poursuites judiciaires pour le personnel complice.
Deux jours plus tard, force est de constater que l’avertissement n’a pas suffi à dissuader les fraudeurs, qui misent désormais sur des outils de plus en plus connectés.
Haute-Guinée : l’épicentre de la fraude
Les statistiques compilées par les autorités éducatives révèlent une concentration critique des infractions dans certaines préfectures, Siguiri en tête de liste.
L’onde de choc à Siguiri et Kankan
Siguiri : Véritable point noir de ce début de session. Dès le premier jour, 132 téléphones et 4 montres connectées y ont été interceptés. La deuxième journée a vu ce chiffre exploser avec la saisie de 344 téléphones portables supplémentaires et le renvoi de 6 surveillants.
Kankan : La tendance s’est confirmée avec 17 candidats éliminés d’entrée de jeu, suivis le lendemain de la confiscation de 62 téléphones et de la révocation d’un surveillant.
Faranah et le reste de la région dans la tourmente
À Faranah, la fraude a pris une tournure judiciaire : 13 téléphones ont été saisis, 6 candidats éliminés, 3 surveillants exclus et un candidat a été directement remis aux services de sécurité. Plus loin, à Mandiana, Kouroussa et Kérouané, les fouilles ont permis de découvrir des dizaines d’appareils habilement dissimulés.
La dérive des surveillants et la riposte de Conakry
Le phénomène ne se limite pas aux candidats. La complicité ou la négligence du corps enseignant fragilise grandement la crédibilité du processus.
À Conakry, au cours de la deuxième journée, les autorités ont dû sanctionner 5 surveillants, dont une cheffe de centre, preuve que la hiérarchie elle-même est parfois poreuse.
Des sanctions similaires et des suspensions en cascade ont frappé les centres de Kindia (6 candidats éliminés), Boffa, Macenta, Maferinyah et N’Zérékoré (8 candidats exclus), illustrant l’ampleur nationale du problème.
Vers un bras de fer numérique
Ce début de session 2026 confirme une mutation profonde de la fraude scolaire en Guinée. Ce ne sont plus de simples « fiches » de triche, mais de véritables réseaux organisés via des groupes WhatsApp et des canaux de messagerie cryptée qui tentent de contourner le système de surveillance.
Le ministère de l’Éducation nationale, qui affirme avoir détecté plusieurs de ces réseaux d’échange de sujets en temps réel, fait désormais face à son principal défi : gagner la bataille de la cybersécurité pour sauver l’intégrité du diplôme.
Educationactu.com






















