Dans le district de Finaria, au cœur de la préfecture de Kérouané, l’éducation est un mirage. À Télémbaya, l’absence totale d’infrastructures scolaires condamne des centaines d’enfants à l’analphabétisme ou à l’exode vers des villages lointains. Entre champs et résignation, les familles lancent un ultime appel au secours aux autorités pour sauver l’avenir de leur progéniture.
Une localité rayée de la carte scolaire
À Télémbaya, le droit à l’éducation n’est pas une réalité, c’est un combat perdu d’avance. Dans ce secteur rural de la sous-préfecture de Sibiribaro, le constat est sans appel : aucune salle de classe, aucun tableau noir, aucune cour de récréation. Ici, le destin des enfants ne s’écrit pas dans les cahiers, mais dans les sillons des champs.
Pour les quelques rares élèves qui s’accrochent à leurs rêves, le prix à payer est épuisant. Faute d’établissement sur place, ils doivent parcourir, chaque jour, des kilomètres à pied pour rejoindre Banankoro ou Sibiribaro. Une épreuve physique et sécuritaire qui finit par décourager les plus téméraires.
Le souvenir amer d’une « école de fortune »
La situation n’a pas toujours été aussi désespérée, mais elle n’a jamais été digne. Balla KOUROUMA, représentant du chef de secteur, se souvient d’une époque de débrouille désormais révolue :
« Il n’y a pas d’école ici. Nous avions un maître qui enseignait dans une maison d’habitation transformée en classe, mais il est parti depuis longtemps. Aujourd’hui, ceux qui restent passent leurs journées dans les champs », confie-t-il avec amertume.
L’ombre de l’analphabétisme et du décrochage
L’indignation gronde chez les parents d’élèves. Sans cadre d’apprentissage, le secteur voit grandir une génération exposée à la pauvreté chronique et au travail précoce. Les activités domestiques et agricoles ont remplacé les leçons, transformant ces futurs citoyens en « oubliés de la République ».
Un appel pressant à l’État
Face à ce vide éducatif, les populations de Télémbaya ne demandent pas l’impossible, mais le strict minimum : une école primaire publique et des enseignants qualifiés.
« Nous demandons aux autorités de construire une école dans ce village, afin de permettre aux enfants d’apprendre et d’espérer un avenir meilleur », plaide Balla KOUROUMA au nom d’une communauté qui refuse de voir son avenir s’éteindre dans l’indifférence.
Guineematin.com et Educationactu.com



























