Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a réuni plusieurs départements ministériels autour d’un atelier stratégique inédit : faire de la science un moteur concret du développement économique guinéen. Un tournant de méthode autant que de volonté politique.

À cette occasion, la ministre, Dre Diaka Sidibé, a partagé une vision ambitieuse et structurante : faire de la recherche scientifique un véritable levier de souveraineté, de performance et de transformation nationale.
Elle a ainsi fixé un cap clair, appelant à passer d’un système de recherche administratif à un système productif, fondé sur la qualité, l’impact et la création de valeur au service du développement du pays.
Cet atelier a permis de renforcer la concertation entre institutions publiques, universités, centres de recherche et partenaires, en vue de bâtir un écosystème plus dynamique, innovant et résolument orienté vers les résultats.

Un diagnostic sans complaisance
Longtemps reléguée au second plan, la recherche scientifique guinéenne s’invite désormais au cœur des priorités gouvernementales. Ce mercredi 1er avril à Conakry, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a organisé un atelier d’échanges stratégiques inédit, rassemblant plusieurs départements ministériels et les acteurs clés du secteur autour d’un objectif commun : repositionner la science comme levier structurant du développement socio-économique.

La ministre Dre Diaka Sidibé a ouvert les travaux avec une clarté désarmante : « Le temps n’est plus aux discours, mais à l’action. La recherche doit produire des résultats concrets et impacter directement la vie des populations. »
Trois axes pour refonder un secteur
La réforme présentée par la ministre repose sur une architecture en trois piliers. D’abord, le renforcement de la gouvernance de la recherche — doter le secteur de structures lisibles et redevables. Ensuite, l’amélioration de la qualité et de la pertinence des projets scientifiques. Enfin, et c’est là le changement de paradigme le plus fort, l’adéquation des travaux avec les besoins réels de l’économie guinéenne.

Quatre secteurs sont identifiés comme prioritaires : l’énergie, la santé, l’environnement et l’agriculture. Des domaines où la demande de solutions concrètes est immédiate et où la recherche appliquée peut produire un impact visible à court terme.
Une mobilisation interministérielle inédite
L’atelier a marqué un signal politique fort : pour la première fois, plusieurs ministères se sont assis ensemble autour de la question scientifique, non comme spectateurs mais comme parties prenantes.

Le ministre de l’Énergie, Laye Sékou Camara, a salué une initiative « pertinente et porteuse d’espoir », reconnaissant sans détour le double obstacle qui freine le secteur : le déficit chronique de financement et les perceptions négatives qui entourent encore la recherche dans l’imaginaire collectif. Sa conclusion s’adressait directement à la jeunesse : « C’est par la recherche que nous pourrons véritablement transformer notre pays. »

Du côté de l’environnement, le chef de cabinet, Dr Diao Baldé, a annoncé des axes de coopération concrets avec le département de la Recherche : préservation de la biodiversité, lutte contre le changement climatique, gestion durable des déchets. Il a aussi insisté sur une exigence souvent négligée — le capital humain : formation continue des cadres, développement de profils qualifiés aux niveaux master et doctorat.
Du discours à l’acte : le défi de la durabilité

Au-delà des déclarations, ce qui distingue cet atelier des exercices de style habituels, c’est la volonté affichée de bâtir un écosystème de recherche cohérent, structuré et financé sur le long terme. Un écosystème capable de produire des connaissances directement utiles à l’action publique.

La Guinée amorce ainsi une nouvelle phase. La science y est désormais appelée à un rôle qu’elle n’avait jamais pleinement occupé : celui d’instrument d’aide à la décision et de pilier du développement durable. Le chantier est immense. La volonté politique, ce mercredi, semblait bien réelle. Reste à en vérifier la constance dans la durée.
SOW Télico, pour EducationActu.com






















