Hadja Adama Sow, présidente de la Fédération guinéenne des parents d’élèves et amis de l’école (FEGUIPAE), est intervenue en faveur du recrutement direct des enseignants contractuels communaux non retenus lors des prochains recrutements annoncés à la fonction publique. Elle dénonce les difficultés éprouvées par les communautés locales pour trouver des enseignants qualifiés, et met en avant l’expérience acquise par ces contractuels en zone rurale.
Une voix des parents d’élèves dans la crise éducative
La question intervient dans un contexte tendu : l’intersyndicale de l’éducation a menacé de boycotter la rentrée scolaire si l’État ne procède pas à l’engagement direct de ces enseignants sans concours. Face à cette impasse, la présidente de la FEGUIPAE privilégie la voie du dialogue pour sortir de la crise.
« Nous privilégions le dialogue entre le syndicat et le gouvernement, mais nous soutenons également le recrutement des enseignants contractuels. Aujourd’hui, les communautés souffrent. Bien que certains enseignants soient pris en charge par l’État, les parents d’élèves doivent encore financer d’autres contractuels communautaires. Nous payons, mais ces enseignants recrutés par les communautés n’ont souvent pas le niveau requis », explique-t-elle.
Un exemple concret pour illustrer l’urgence
Pour illustrer son propos, Hadja Adama Sow rapporte une expérience personnelle vécue dans un village où l’unique enseignant recruté par la communauté n’avait qu’un niveau de 6ᵉ année primaire. Celui-ci avait avoué ne pas pouvoir enseigner au-delà de la 3ᵉ année, demandant ainsi aux habitants de trouver d’autres profils pour combler le vide.
« C’est pourquoi nous prions l’État et nous le plaidons de nous aider à trouver des enseignants qualifiés, en accordant la priorité aux contractuels communaux », insiste-t-elle.
Un appel à la responsabilité et à l’écoute
Dans la perspective des concertations à venir, la présidente de la FEGUIPAE invite les autorités à faire preuve de responsabilité et d’ouverture face à leurs interlocuteurs.
« Qu’ils ne se fâchent pas et qu’ils ne se lassent pas de rappeler que toute la Guinée leur appartient. Nous sommes à leur écoute et nous attendons d’eux qu’ils soulagent le système éducatif guinéen. Il faut des enseignants en nombre suffisant, mais aussi de qualité. Ces contractuels ont fait leurs preuves pendant plusieurs années, travaillant loin de leurs familles au service des communautés. L’État doit nous aider à les recruter. Nous ne voulons plus que nos enfants restent dans la rue. De Conakry à Yomou, tous les enfants de Guinée ont le même droit à l’éducation. Pourtant, les communautés rurales sont aujourd’hui laissées pour compte. Nous supplions l’État de nous aider et, surtout, de garantir une rentrée scolaire apaisée. C’est notre priorité », a-t-elle plaidé.
Une intégration progressive envisagée
Hadja Adama Sow espère que le dialogue aboutira à l’intégration de ces enseignants contractuels qui ont fait leurs preuves malgré les difficultés. Selon elle, à l’issue de cet engagement direct, l’État pourra envisager l’organisation de concours pour recruter d’autres enseignants, afin de combler définitivement les besoins.
Un appel à la mobilisation des parents avant le 5 octobre
Par ailleurs, la présidente de la FEGUIPAE a exhorté les bureaux des associations de parents d’élèves et amis de l’école (APEAE) à s’impliquer activement dans l’assainissement des établissements scolaires, afin de garantir un accueil adéquat aux élèves le 5 octobre prochain.
SOW Telico, pour Educationactu.com














