Ce jeudi 1er octobre 2026, à Conakry, l’Université Ahmadou Dieng (UAD) a présenté son plan « UAD 2040 » et son nouveau Recteur, Pr Hervé Salkin, ancien de Polytechnique et des Mines de Paris, spécialiste du secteur pétrolier. Objectif : former à l’échelle locale les compétences que réclameront le méga-projet Simandou et l’économie guinéenne d’ici 2040. Stages obligatoires, brochures de cours gratuites et programmes courts sont au menu de la rentrée 2026-2027.
Un nouveau Recteur pour un virage stratégique
L’UAD a choisi un profil à la croisée de l’université et de l’industrie. Docteur d’État, Pr Hervé Salkin est diplômé de Polytechnique Paris et de l’École des Mines de Paris. Il apporte aussi une expertise du secteur pétrolier.
Pour le président du conseil d’administration, Mamadou Pathé Dieng, ce choix répond à une urgence nationale :
« Le projet Simandou est l’espoir de tout le peuple guinéen. C’est dans ce cadre que nous avons cherché à avoir un spécialiste des mines […] afin que nos jeunes puissent davantage avoir des formations adéquates pour faire face aux défis multiples de notre pays. »
UAD 2040 : une vision à quinze ans
Le plan s’appuie sur cinq piliers : l’emploi, la recherche et l’innovation, l’impact sur les communautés voisines des campus, la rétention des meilleurs enseignants et la pérennité de la gestion.
Il fixe aussi des cibles chiffrées : passer de 1 464 à 10 000 étudiants ; porter la part d’enseignants docteurs de 14 % à 40 % ; faire accréditer tous les programmes et atteindre vingt partenariats internationaux actifs.
Éviter la dépendance aux experts étrangers
Le Recteur place la question des compétences au centre de la stratégie. Il formule le lien avec Simandou sans détour :
« Si vous n’avez pas les compétences disponibles, il n’y aura pas le développement économique que vous souhaitez. »
Selon lui, les universités doivent s’aligner sur Simandou 2040 et livrer d’ici là des diplômés qui répondent aux besoins des employeurs guinéens. L’enjeu est d’éviter le recours systématique à l’expertise internationale.
Ce qui change dans les amphis
L’université aligne ses cursus sur les réformes MPS 30 et MPS 32 du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Les changements portent sur quatre points.
Une pédagogie plus pratique
Les cours se répartissent entre 60 % de cours magistraux et 40 % de travaux pratiques.
Des parcours professionnalisants
Les stages sont obligatoires pendant la Licence (trois ans) et le cycle Ingénieur (cinq ans). Un projet de fin d’études est exigé de chaque étudiant. Le directeur de la digitalisation, de l’innovation et des partenariats, Joseph Youssouf Gomez, y voit un gage de qualité :
« Pour tout étudiant de l’Université Ahmadou Dieng, il y a trois stages obligatoires et un projet de fin d’études obligatoire à présenter. »
Des ressources dès le premier jour
Chaque étudiant reçoit gratuitement ses brochures de cours, avec leçons et exercices, et un plan de cours de deux pages à chaque enseignement. L’UAD s’engage aussi à publier les notes sous 72 heures.
Des formations courtes pour les actifs
L’université crée des certifications de trois à neuf mois. Elles s’adressent notamment aux entrepreneurs et aux commerçants qui veulent se former en gestion, comptabilité ou import-export.
Masters, recherche, bourses : la montée en gamme
L’UAD ouvre le recrutement de ses Masters, dont l’ouverture reste soumise à l’habilitation du ministère. Elle prépare aussi un colloque international sur l’entrepreneuriat et l’innovation en mars 2027, couplé à la célébration de ses vingt ans.

Une cellule Bourses et Mobilité accompagnera les étudiants vers les bourses d’État étrangères. Le programme Excellence UAD vise en priorité le campus de Labé et les jeunes filles dans les filières techniques. Le programme « Retour des cerveaux » fera venir à chaque module deux à trois enseignants invités, issus de la diaspora et d’universités partenaires.
Les anciens étudiants dans la salle
Les diplômés présents ont salué ces annonces. Pour certains, les futurs Masters ouvrent une voie de perfectionnement. L’ingénieur informaticien Allahassane Kallo a demandé un geste financier à la fondation :
« […] une réduction pour nous, les anciens étudiants, pour qu’on puisse revenir se recycler et faire notre Master au sein de l’Université Ahmadou Dieng. »
Keita Alhoussény, lui aussi ancien étudiant, a exhorté les promotions actuelles à saisir leur chance. Il a estimé qu’elles ont aujourd’hui l’opportunité dont sa génération avait rêvé sans l’obtenir.
Le défi : transformer les promesses en résultats
L’ambition est forte, et les obstacles le sont aussi. Multiplier les effectifs par près de sept exige des infrastructures, des enseignants docteurs et des accréditations. Les premières échéances permettront de juger : rentrée 2026-2027, ouverture des Masters, colloque de mars 2027.
Un point est acquis. En liant sa feuille de route à Simandou, l’UAD affiche une idée simple : le développement économique de la Guinée passera par les compétences de ses propres diplômés.



SOW Telico, pour Educationactu.com














