À l’occasion du panel intergénérationnel « Le retour des ancêtres : mémoire, dignité, transmission », tenu ce mardi 29 septembre 2026 au Musée national de Sandervalia, la présidente du Conseil d’administration du Centre d’Innovation et de Recherche pour le Développement (CIRD), Dre Safiatou Diallo, s’est exprimée sur les enjeux profonds du processus de restitution engagé par la Guinée. Écartant la simple surenchère politique, la chercheuse a livré une plaidoirie scientifique, historique et sociétale sur la nécessité absolue de rapatrier les reliques et les écrits des héros nationaux sur leur terre natale.

Une démarche scientifique rigoureuse loin de la surenchère politique
Pour la présidente du Conseil d’administration du CIRD, l’enjeu de la restitution ne doit pas se limiter à une querelle de figures ou à des discours extérieurs. Il s’agit d’un travail de fond mené par des historiens et des chercheurs afin de documenter avec rigueur la trajectoire exacte des objets et des dépouilles.
« Nous allons chercher à comprendre ce qui s’est passé, dans quel contexte ces biens et ces restes humains ont quitté la Guinée, quel a été le processus suivi, à quel moment et comment ils sont arrivés en France et aux lieux de conservation. » Dre Safiatou Diallo, PCA du CIRD.
Réappropriation mémorielle : « La Guinée est prête »

Mais au-delà de la démarche académique, pourquoi rapatrier ce patrimoine ? À cette question fondamentale, Dre Safiatou Diallo répond par l’urgence de la réappropriation mémorielle :
« Ces objets et ces restes des ancêtres font partie de l’histoire de la Guinée. Aujourd’hui, ils se retrouvent ailleurs. L’histoire de cette Guinée-là doit revenir en Guinée. J’entends des gens demander si la Guinée est prête. Absolument, la Guinée est prête à recevoir cette partie, ce pan de son histoire. » Dre Safiatou Diallo, PCA du CIRD.
Selon la chercheuse, le retour de ces objets et restes humains dépasse la simple réparation coloniale pour toucher au cœur de l’identité nationale et de la transmission intergénérationnelle.
« C’est important pour la cohésion sociale, c’est important pour connaître ce pays, c’est important pour la génération future de savoir ce qui nous singularise, nous guinéens, ce qui fait de nous ce que nous sommes. » Dre Safiatou Diallo, PCA du CIRD.
Le cadre juridique français et l’impératif de justice historique
Rappelant que ce patrimoine a été transféré sous l’administration coloniale pour devenir juridiquement « propriété du peuple français », Dre Safiatou Diallo a souligné la nécessité d’inscrire ce combat dans le cadre du droit international et des récentes évolutions législatives françaises.
« Il faut savoir que les objets qui ont quitté la Guinée, souvent par l’entremise de l’administration coloniale, n’étaient plus une propriété de l’État français, mais plutôt du peuple français. Pour que ces objets puissent repartir là où ils ont quitté, il fallait absolument que le peuple français se prononce par l’entremise de son Assemblée nationale. Ce patrimoine fait partie de notre mémoire collective et notre mémoire collective, c’est notre histoire. Il faut absolument que ces objets et ces restes humains reviennent, c’est ici leur place, ce n’est pas ailleurs. » Dre Safiatou Diallo, PCA du CIRD.

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