Alors que le pays avait les yeux rivés sur les festivités nationales, le quartier Laminaya a basculé dans l’horreur ce samedi 17 janvier. Trois fillettes de 6ème année, libérées plus tôt des cours, ont péri noyées dans un marigot. Entre rumeurs de créatures mystiques et courage tardif, récit d’un après-midi qui a viré au cauchemar.
L’irréparable au détour d’un chemin d’école
L’insouciance de l’enfance a rencontré la cruauté de la nature ce samedi à Coyah. Batouly BAH, Foulématou BANGOURA et Aissata CAMARA ne rejoindront plus les bancs de l’école primaire de Kenkéten. Leurs rires se sont éteints dans les eaux traîtresses d’un marigot local, laissant une communauté entière pétrifiée par la douleur.
Un emploi du temps chamboulé, un drame évitable
C’est l’ironie tragique de cette affaire : si les festivités pour l’investiture du président de la République n’avaient pas écourté la journée de classe, ces trois jeunes filles seraient sans doute encore en sécurité.
« Nous avons demandé aux enfants de rentrer à la maison », explique, la voix lourde, Jean YOMBOUNO, directeur adjoint de l’établissement. Mais au lieu de regagner le domicile familial, l’appel de l’eau a été le plus fort.
Le piège de cristal et la psychose de la « pieuvre »
Le scénario est classique, mais n’en demeure pas moins atroce. Une première élève glisse, se débat. Ses amies, n’écoutant que leur courage, plongent pour la sauver. Le piège se referme.
Sur la rive, la panique est totale. Plus troublant encore, le témoignage du directeur adjoint rapporte que l’intervention des secours citoyens a été freinée par des croyances locales tenaces. La peur d’une « pieuvre » maléfique hantant les profondeurs du marigot a figé les badauds. Il aura fallu qu’un jeune homme brave la superstition et le courant pour remonter, trop tard, les trois corps sans vie.
Une ville en deuil, une sécurité en question
Après les constats d’usage par les forces de sécurité, les petites victimes ont été rendues à leur terre le jour même, après la prière de 17 heures. Derrière l’émotion brute, ce drame soulève une question de fond que les autorités ne pourront plus éluder : comment sécuriser ces zones de baignade improvisées qui, chaque année, volent la vie à la jeunesse de nos périphéries ?
À Coyah, le silence est aujourd’hui plus lourd que le courant du marigot.
Moussa Bangoura, pour ducation.com
























