Par une décision majeure signée ce 23 décembre 2025, le ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation a dévoilé un nouveau cadre réglementaire pour les écoles doctorales du pays. Entre autonomie renforcée, gouvernance stricte et financement dédié, cette réforme vise à transformer le paysage scientifique national pour en faire un levier de souveraineté stratégique.
Conakry – C’est un tournant décisif pour le monde universitaire guinéen. L’arrêté A/2025/1391/MESRSI/CAB/SGG, portant restructuration et fonctionnement de cinq Écoles Doctorales publiques, vient d’être rendu public. Ce texte de 20 articles redéfinit les règles du jeu de la haute formation scientifique, avec une ambition claire : former des docteurs opérationnels capables de répondre aux défis socio-économiques du continent africain.
Cinq pôles d’excellence thématiques
La nouvelle architecture repose sur cinq institutions stratégiquement réparties :
- ED-STI (Sciences et Techniques de l’Ingénieur) à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC).
- ED-SNEC (Santé, Sciences Naturelles, Environnement et Climat) également à l’UGANC.
- ED-3A (Sciences Agronomiques, Agro-Industrielles et Animales) basée à l’ISAV-Faranah.
- ED-JPEG (Sciences Juridiques, Politiques, Économiques et de Gestion) à l’Université de Sonfonia.
- ED-LSHSE (Lettres, Sciences Humaines, Sociales et de l’Éducation) à l’Université de Sonfonia.
Une gouvernance à deux niveaux
Pour garantir l’excellence, le ministre Alpha Bacar BARRY instaure un système de pilotage rigoureux. Au sommet, le Conseil National des Écoles Doctorales assure l’orientation stratégique au niveau ministériel.
À l’échelle de chaque école, la gestion est désormais confiée à un Conseil Scientifique (organe de gouvernance externe composé d’experts nationaux et internationaux) et un Conseil de Direction (organe interne). Nouveauté notable : les doctorants et le secteur socio-économique font leur entrée dans ces instances, assurant ainsi une meilleure adéquation entre la recherche et le marché de l’emploi.
Autonomie et transparence financière
L’article 4 de l’arrêté consacre l’autonomie pédagogique et scientifique de ces écoles. Plus important encore, chaque structure bénéficiera désormais d’une ligne budgétaire dédiée au sein du Budget National de Développement (BND), tout en étant autorisée à mobiliser des ressources propres via des partenariats et des conventions.
Toutefois, cette liberté s’accompagne d’une exigence de redevabilité. Les directeurs d’écoles doctorales, nommés pour un mandat de quatre ans après un appel à candidatures et une évaluation de leur vision stratégique, devront rendre des comptes annuellement sur l’exécution de leur budget.
Un encadrement de proximité pour les doctorants
La réforme met l’accent sur la qualité du parcours doctoral. La création de Comités de thèse (constitués de deux enseignants de rang magistral) permettra de suivre chaque doctorant à mi-parcours, afin d’évaluer les progrès et de limiter les risques d’échec ou d’abandon. L’animation scientifique sera portée par des équipes de recherche au sein de laboratoires certifiés, sous la supervision de l’Autorité Nationale d’Assurance Qualité (ANAQ).
En signant cet arrêté ce mardi, Alpha Bacar BARRY ne se contente pas de réorganiser des structures : il pose les jalons d’une « souveraineté nationale stratégique » par le savoir. La recherche guinéenne dispose désormais de sa boussole pour les années à venir.
SOW Telico pour Educationactu.com




























