Sous l’égide du Premier ministre Amadou Oury Bah, la Guinée a lancé ce mercredi 29 avril 2026 le chantier historique de sa carte scolaire nationale. Ce projet d’envergure vise à mettre fin à l’anarchie décisionnelle en dotant le pays d’un outil de planification scientifique pour optimiser la répartition des ressources éducatives sur tout le territoire.

Un séisme statistique pour une planification fiable
Le gouvernement guinéen ne se contente plus d’approximations. Porté par le ministère de l’Éducation nationale avec l’expertise technique de l’Institut national de la statistique (INS), ce projet se veut le remède aux dysfonctionnements chroniques du secteur.
Ismaël Nabé, ministre du Plan et de la Coopération internationale, a d’emblée clarifié l’ambition : il ne s’agit pas d’un simple dessin géographique, mais d’un instrument de transformation profonde. Pour lui, la crédibilité de l’INS est le gage de la rigueur scientifique nécessaire à toute réforme durable. Sans statistiques solides, l’action publique reste aveugle.
En finir avec le « flou » des chiffres

Le constat dressé par le ministre de l’Éducation nationale, Alpha Bacar Barry, est sans appel. Illustrant l’urgence de la situation, il a révélé des incohérences majeures : certains services recensent 3,5 millions d’élèves quand d’autres en décomptent 3,3 millions.
Cet écart de 200 000 élèves n’est pas qu’un détail comptable ; il engendre des conséquences dramatiques sur le terrain :
-
Des infrastructures inadaptées : des écoles construites là où les effectifs sont dérisoires, tandis que d’autres zones suffoquent sous la saturation.
-
Une gestion humaine à l’aveugle : des enseignants affectés dans l’urgence sans vision globale des besoins réels.
-
Un gaspillage des ressources : une allocation de matériel qui ne répond pas aux dynamiques démographiques actuelles.
La carte scolaire, socle de la modernisation de l’État

Au-delà de la salle de classe, le Premier ministre Amadou Oury Bah voit en ce projet un pilier de la refondation de l’action publique. Pour le chef du gouvernement, l’efficacité de l’État dépend directement de ses outils de planification.
Une vision multisectorielle : de l’école à la santé
Cette réforme ne s’arrête pas aux frontières de l’éducation. Elle préfigure la future carte sanitaire du pays. L’idée centrale est d’interconnecter la carte scolaire avec le recensement administratif et l’identification numérique des citoyens. Ce maillage permettra un suivi précis, en temps réel, du parcours des élèves et des besoins des enseignants.
Cap sur « Simandou 2040 »
Alignée sur la vision présidentielle et le programme Simandou 2040, cette initiative fait de l’éducation le moteur du développement national. La nouvelle carte scolaire doit ainsi remplir quatre missions critiques :
Anticiper les besoins futurs en infrastructures.
Garantir l’équité d’accès, particulièrement pour les populations rurales déshéritées.
Rationaliser l’investissement public pour chaque franc dépensé.
Harmoniser la cohérence globale d’un système en pleine mutation.
Educationactu.com


























