Alors que le Premier ministre Amadouy Oury BAH peaufine l’architecture de son nouveau gouvernement, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, le Pr Alpha Amadou Bano BARRY, jette un pavé dans la mare. Son constat est sans appel : pour sortir l’école guinéenne de l’ornière, il faut passer de la parole aux actes budgétaires. Son exigence ? Que l’État consacre enfin 20 % du budget national au savoir.
Le défi des 20 % : Une urgence budgétaire
Invité de l’émission « Face à la République », l’ancien ministre n’y est pas allé par quatre chemins. Pour lui, la refondation de l’école commence par les chiffres. Passer de 15 % à 20 % de la part du budget national allouée à l’enseignement pré-universitaire n’est qu’une première étape. L’objectif visé est ambitieux : atteindre les 30 % à court terme. Un effort financier colossal, mais jugé indispensable pour rattraper des décennies de sous-investissement chronique.
Infrastructures : Le diagnostic qui fâche
Pourquoi une telle rallonge ? Le Pr Bano BARRY pointe du doigt une plaie béante : le déficit criant d’infrastructures. Au niveau du primaire, le compte n’y est tout simplement pas. La Guinée manque d’écoles, de bancs et de toits pour accueillir sa jeunesse. Ce retard structurel nous a fait perdre notre place de leader régional au profit de nations qui, jadis derrière nous, ont su miser sur le seul investissement rentable : le citoyen.
« Le sous-sol ne développe pas un pays »
L’ancien ministre bouscule les certitudes guinéennes sur la « richesse » du pays. Pour lui, le véritable gisement n’est pas dans la bauxite, mais dans les têtes. « Ce n’est pas le sol, ce n’est pas le sous-sol qui développe un pays, ce sont les femmes et les hommes, leur capacité à transformer la nature », a-t-il martelé. Un plaidoyer pour le capital humain qui résonne avec force au moment où les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement technique fusionnent pour tenter de créer une synergie nouvelle.
SOW Telico





















