Des salles de classe poussiéreuses de la fin des années 81 aux bureaux stratégiques de la Direction Communale de l’Éducation de Matam, en passant par l’inspection générale de l’éducation ,la direction des examens nationaux et la direction de l’enseignement secondaire et technique, IBRAHIMA II BARRY a tout vu. Portrait d’un expert qui n’a jamais lâché le front pédagogique et qui, à 63 ans, reste le gardien vigilant d’un système éducatif guinéen en pleine refondation.
Le baptême du feu : Douze ans de « sacerdoce » au tableau noir
Ibrahima II BARRY n’est pas un bureaucrate né de la dernière pluie. Son autorité, il l’a puisée dans la craie. En 1990, au Lycée 2 OCTOBRE , il entame ce qu’il appelle lui-même un « sacerdoce ». Pendant plus d’une décennie, il a été ce prof d’économie politique rigoureux que l’on craignait et respectait dans les lycées les plus prestigieux de la capitale : Yimbaya, 2 Octobre, Roi HASSANE 2 Victore Hugo, Mandéla. C’est là, face à des générations de jeunes Guinéens, qu’il a compris que la discipline budgétaire s’enseigne aussi bien qu’elle s’applique.
L’homme des missions impossibles : De Macenta à Mandiana
Si vous voulez savoir comment se porte l’école au fin fond de la Guinée, demandez à II Barry. Entre 1998 et 2010, il est devenu le visage de l’intégrité étatique lors des examens nationaux. Délégué national, superviseur, expert des centres informatiques.. Il a sillonné le pays pour s’assurer que le Baccalauréat ne soit pas une braderie. De Kissidougou à Sangarédi, il a géré le stress des candidats et la logistique parfois défaillante avec une main de fer dans un gant de velours. Pour lui, l’examen est le juge de paix de la République.
Matam : Le laboratoire de la refondation
Depuis 2018, la commune de Matam a profité de son expertise. Nommé Directeur Communal (DCE) et confirmé par décret en 2022, il ne se contente pas de signer des circulaires. Accès équitable au savoir, qualité de l’enseignement, réforme technique.. il porte sur ses épaules les piliers du changement. Formé à la gestion des ressources humaines au Centre Américain, il marie la rigueur pédagogique à la gouvernance moderne.
L’enfant de Kindia n’oublie pas ses racines
Malgré les sommets de l’administration, l’homme garde les pieds dans la terre de sa cité des agrumes. Entre deux réformes, on le retrouve à Kindia, œuvrant pour le forage d’un puits ou la rénovation d’une mosquée, ou d’une école . Citoyen engagé et humaniste discret, Ibrahima II Barry incarne cette vérité simple : pour éduquer une nation, il faut d’abord savoir servir sa communauté.
Repères : 3 dates qui ont forgé le parcours
- 1990 : Entrée dans l’arène au Lycée 2 octobre . Début de 12 ans de pratique de classes comme professeur d’économie.
- 2004 : Devient la sentinelle de l’intégrité du Baccalauréat au sein des instances de supervision nationale.
- 2022 : Consécration par décret présidentiel à la tête de la DCE de Matam, pilier de la refondation.

Le mot de la fin : Un héritage en marche
Au-delà des titres et des distinctions, Ibrahima II Barry reste ce pédagogue qui croit fermement que « l’école est le berceau de la Nation ». À Matam, il ne se contentais pas de gérer une administration, il cultivais l’excellence. Dans une Guinée en quête de modèles pour sa refondation, le parcours de ce « soldat du savoir » rappelle que la compétence et la probité restent les meilleures boussoles. L’homme passera, mais les fondations qu’il consolidais chaque jour à la DCE de Matam, elles, resteront.
Décryptage de : SOW Telico
























