Ce lundi, 13 avril 2026 l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry a organisé, en différé, sa commémoration de la Journée internationale des droits des femmes autour du thème « Droit, justice et action pour toutes les filles et femmes ». Portée par la Chaire genre de l’université GLCS-C et le Centre d’Innovation et de Recherche pour le Développement (CIRD), la conférence-débat a réuni dans l’amphithéâtre Djibril Tamsir Niane chercheuses, enseignantes et étudiantes autour d’une question centrale : entre droits proclamés et réalités vécues, où en sont les femmes guinéennes ?

Mettre en lumière ce qui reste dans l’ombre
L’initiative est née d’un constat simple et tenace : il existe souvent un écart béant entre les droits proclamés dans les textes et les droits effectivement vécus par les femmes, aussi bien dans les institutions que dans le quotidien. C’est cet écart que la Chaire genre de l’UGLC a choisi de mettre au centre des débats.


« Cette journée est une occasion de célébrer les femmes, notamment celles qui évoluent ici à Sonfonia dans le domaine de la recherche. Nous mettons en lumière leurs parcours, leurs travaux scientifiques ainsi que leur impact au niveau national. Ce thème nous inspire, car nous aspirons à un monde plus égalitaire et inclusif, où personne n’est exclu. » Mme Cissé Tounkara, directrice de la Chaire genre, UGLC de Sonfonia

Les panélistes : agir, libérer la parole, connaître ses droits
Dre Makalé Traoré : « Les femmes sont capables de servir au plus haut niveau »

Première panéliste à intervenir, le Dre Makalé Traoré a centré son propos sur la nécessité de l’action et de la prise de parole. Pour elle, libérer les idées est un préalable à l’éveil des consciences. Les femmes ont les capacités d’occuper les plus hautes fonctions ce qui leur manque, c’est l’accès aux moyens et aux opportunités.
Dre Aminata Diallo : les droits des femmes, bien ancrés dans l’islam

Enseignante-chercheure au département de langue et civilisation arabes, le Dre Aminata Diallo a abordé un angle souvent mal connu : les droits des femmes en islam. Son message est sans ambiguïté ces droits existent, ils sont inscrits dans les textes, et leur méconnaissance est l’un des obstacles à leur exercice effectif.


« Il existe de nombreux droits que les femmes ignorent, pensant à tort qu’ils sont importés. Pourtant, ils sont bien ancrés dans les textes islamiques. Le droit à la vie, à choisir son époux ou encore à disposer d’une autonomie financière sont clairement reconnus. » Dre Aminata Diallo, enseignante-chercheure, département de langue et civilisation arabes, UGLC.


Le recteur Lamah : « Sans la femme, il n’y a pas de vie »

Le recteur de l’UGLC, le Pr Daniel Lamah, a apporté le soutien institutionnel de l’université à cette initiative. Dans son intervention, il a articulé deux dimensions complémentaires : la célébration des acquis des femmes dans la construction sociale, et l’urgence de poursuivre la lutte contre les inégalités de genre.


« Il s’agit d’un motif de fierté pour les efforts des femmes dans la construction humaine et le développement de notre société, et d’un enjeu majeur dans la lutte contre les inégalités, la promotion de la femme et l’éducation des filles. Sans la femme, il n’y a pas de vie. » Pr Daniel Lamah, recteur de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.

Au-delà d’une journée : un engagement dans la durée




Cette conférence-débat ne se résume pas à une commémoration de plus. Elle s’inscrit dans une dynamique de réflexion continue portée par la Chaire genre de l’UGLC, qui entend faire de l’université un espace de pensée et d’action pour une meilleure prise en compte du rôle des femmes dans le développement socio-économique de la Guinée. La science, la recherche et le droit comme leviers d’émancipation c’est le message que Sonfonia a choisi d’envoyer ce lundi.
SOW Telico, pour EducationActu.com






















