À peine installée à la tête du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Formation professionnelle, Mme Bintou Keïta fait déjà face aux attentes pressantes du monde éducatif. La Coordination nationale des enseignants communaux retenus de Guinée l’appelle à faire de la résolution de leurs revendications une priorité absolue.
Régularisation administrative, paiement des arriérés de salaire et application des engagements de l’État : le point sur les attentes du collectif, rapporté par Guineematin.com.
Des engagements financiers toujours non tenus
Intervenant au nom de la coordination ce vendredi 31 juillet 2026, Minkailou Camara, chargé de communication de la structure, a salué la prise de fonction de la nouvelle ministre tout en rappelant le contexte de leur intégration :
Un effectif de 10 000 enseignants : intégrés à la fonction publique en 2024 après plusieurs années de service et de lutte (depuis 2018).
Un protocole d’accord non appliqué : signé entre le gouvernement, l’intersyndicale de l’éducation et la coordination, ce document prévoyait un rappel de salaire pour les enseignants retenus et 6 mois de primes pour les non-retenus.
Zéro franc perçu : à ce jour, aucun paiement au titre de ces arriérés n’a été effectué.
Injustices salariales et disparités territoriales
Au-delà des arriérés, la coordination dénonce des disparités frappantes dans le traitement des enseignants selon leur lieu d’affectation : « Aujourd’hui, un enseignant communal affecté dans un district perçoit les mêmes primes qu’un enseignant en poste dans une préfecture […]. Nous estimons qu’il s’agit d’une injustice qui doit être corrigée. » Minkailou Camara
Les défis majeurs soulevés :
Primes de zone et d’incitation : indispensables pour motiver le maintien des enseignants à l’intérieur du pays, où le coût de la vie et l’absence d’opportunités de cours privés (contrairement à Conakry) rendent la situation précaire.
Problématique du logement : une difficulté majeure qui touche aussi bien les enseignants de la capitale que ceux des zones rurales.
Démarches engagées et appel à la volonté politique
Face à ces urgences, la coordination privilégie le dialogue institutionnel. Un mémorandum reprenant l’ensemble des revendications a été déposé récemment en coalition avec les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry.
Un rôle clé attendu du ministère de tutelle
Bien que les questions budgétaires et financières relèvent également des ministères du Budget, de l’Économie ou de l’Administration du Territoire, Minkailou Camara rappelle que le ministère de l’Éducation reste leur principal avocat : « Si notre ministre prend véritablement en compte nos revendications et porte notre dossier avec détermination, les autres départements compétents pourront agir. Lorsqu’il existe une volonté politique, rien ne peut empêcher l’application de ce qui est légal. »
La coordination espère ainsi que l’appropriation de ce dossier par Mme Bintou Keïta permettra une avancée décisive pour la revalorisation du capital humain et l’amélioration durable du système éducatif guinéen.















