Invité de l’émission Guinée Today ce mercredi 19 août 2026, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, le Professeur Alpha Amadou Bano Barry, a adressé une mise en garde ferme aux autorités éducatives et aux organisateurs des examens nationaux en République de Guinée.
Afin de préserver l’intégrité des épreuves, l’enseignant-chercheur recommande d’éviter une « erreur fatale » : regrouper dans un même centre d’examen les élèves qui repassent les épreuves pour la troisième fois ou plus et ceux qui affrontent l’examen pour la toute première fois (primo-candidats).
Une psychologie du « tout pour le tout »
Pour le Pr Bano Barry, les candidats ayant échoué à plusieurs reprises développent une attitude à risque face aux épreuves : « Ne mettez jamais, et ça, je conseille au ministère, ne mettez jamais les triplants dans les mêmes centres d’examen que les enfants qui n’ont pas encore fait l’examen, les primo-candidats. Les triplants, ils n’ont ni peur ni honte. Ils sont prêts à tout, parce qu’ils se disent : “Ça passe ou ça casse.” Ils se disent : “De toute façon, je n’ai plus rien à perdre.” » Pr Alpha Amadou Bano Barry
Poursuivant son analyse avec son franc-parler habituel, il souligne qu’à force de cumuler les tentatives au brevet ou au baccalauréat, certains élèves finissent par adopter des comportements extrêmes : « Il a « guergué, guergué, guerguété, guerguété », jusqu’à… Il est à cinq fois au niveau des examens, il se dit… Il est prêt à tout. Et les triplants, que ce soit au niveau du brevet ou du baccalauréat, ce sont des fraudeurs sans honte ni gêne. »
La fraude, un phénomène hautement contagieux
Au-delà du comportement individuel des candidats récurrents, l’ancien ministre met en garde contre l’impact psychologique et moral de cette proximité sur les jeunes élèves :
L’effet de contagion : La fraude en milieu scolaire se propage rapidement dès lors qu’elle s’exerce sous les yeux de candidats vulnérables.
La banalisation de la triche : Face au comportement décomplexé des récidivistes, l’élève le plus sérieux risque de normaliser la tricherie et d’y céder à son tour.
« Même celui qui connaît, qui est en train de travailler, quand il voit autour de lui de la fraude, il finit par se dire : “Mais ça devient une norme.” Il va le faire. Eux, ne les mettez jamais avec les enfants », a-t-il insisté.
Décryptage : SOW Telico











