Créée en 2015 mais véritablement opérationnelle depuis 2022, l’École doctorale de l’Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire Valéry Giscard d’Estaing (ISAV) de Faranah s’impose progressivement comme un pôle d’excellence stratégique. À l’occasion des récentes Journées scientifiques de l’établissement, son directeur, le Dr Hamidou Bah, a dressé le bilan d’une dynamique qui transforme le paysage de la recherche agricole guinéenne.
Du programme « 1000 PhD » à la montée en puissance académique
Initialement créée sous l’appellation d’École doctorale en agriculture durable et gestion des ressources en eau, la structure est restée longtemps inactive. Son véritable envol est intervenu en 2022, porté par le programme gouvernemental « 5000 Masters, 1000 PhD » initié par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS).
Aujourd’hui restructurée sous le nom d’École doctorale des sciences agronomiques, agro-industrielles et des sciences animales, elle constitue un levier majeur de qualification pour les cadres de la fonction publique et du secteur privé.
Les chiffres clés de l’institution
53 doctorants actuellement inscrits en cours de formation (1ère, 2ème et 3ème année) ;
7 docteurs déjà diplômés et redéployés dans les universités et centres de recherche nationaux ;
1 mission centrale : former des enseignants-chercheurs capables d’accompagner la modernisation agricole de la Guinée.
L’agriculture durable comme socle pédagogique
À l’occasion des Journées scientifiques tenues du 18 au 20 juin 2026 autour de l’agriculture durable, le Dr Hamidou Bah, maître de conférences CAMES, a rappelé les fondements de la vision portée par l’ISAV : un équilibre strict entre performance économique, équité sociale et protection de l’environnement.
« Les études montrent qu’un usage excessif des intrants chimiques peut affecter les sols, les eaux, les plantes, les animaux et même la santé des populations. Il est donc indispensable de rechercher un équilibre permettant d’assurer la sécurité alimentaire tout en intégrant les fertilisants organiques », souligne le Dr Hamidou Bah.
Un réseau d’ancrage national et panafricain
L’École doctorale ne limite pas son rayon d’action à Faranah. Elle accueille des chercheurs venus des universités de Kankan, N’Zérékoré, de l’ISMV de Dalaba, ainsi que de l’Institut de Recherche Agronomique de Guinée (IRAG).
Coopération internationale et standards CAMES
Pour garantir la rigueur académique de ses travaux, l’ISAV s’appuie sur des conventions de co-diplômation et de mobilité avec plusieurs universités de la sous-région : Bénin : Université d’Abomey-Calavi, Université de Parakou, Université Nationale d’Agriculture ; Sénégal : Université Alioune Diop de Bambey ; Côte d’Ivoire : Établissements partenaires d’enseignement supérieur.
Toutes les thèses font l’objet d’évaluations par des jurys internationaux, garantissant la conformité stricte aux exigences de qualité du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES).
Accompagnement de proximité et contraintes structurelles
Sur le plan pédagogique, l’école assure un suivi rigoureux : séminaires de méthodologie, évaluation annuelle intermédiaire par « point de thèse », et recherches de terrain conduites directement au sein des exploitations agricoles et stations expérimentales du pays.
Cependant, des défis majeurs freinent encore le plein épanouissement de la structure :
Infrastructures limitées : Absence de locaux propres et partage des salles avec l’ISAV ;
Logistique : Déficits récurrents en eau et en électricité perturbant le travail de laboratoire ;
Financement : Besoins urgents de crédits de recherche pour soutenir les thèses et valoriser les innovations liées au label « Made in Guinea ».
Le Dr Hamidou Bah sollicite un appui accru des pouvoirs publics et des ministères sectoriels (Agriculture, Élevage, Industrie) pour financer les programmes appliqués et garantir la souveraineté alimentaire de la Guinée.
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