Le Tribunal de première instance de Forécariah a rendu son verdict dans l’affaire de fraude au baccalauréat, session 2026. Des enseignants, des candidats et un faux postulant ont été condamnés pour leur implication dans un vaste réseau de tricherie découvert dans plusieurs centres d’examen. D’autres poursuites sont encore en cours.
Le Tribunal de première instance (TPI) de Forécariah a rendu sa décision dans le dossier relatif aux cas de fraude enregistrés lors du baccalauréat, session 2026. Les prévenus, parmi lesquels figurent des enseignants et des candidats, avaient été interpellés en possession de téléphones portables, de montres connectées et de copies des sujets d’examen déjà corrigées.
Selon le compte rendu de la Radio Télévision Guinéenne (RTG), les mis en cause ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés au cours de leur procès.
Des peines adaptées au degré de responsabilité
À l’issue des débats, le tribunal a prononcé des sanctions différenciées en fonction du niveau d’implication de chaque prévenu.
Une dizaine d’enseignants ont ainsi été condamnés à un an d’emprisonnement avec sursis simple assorti d’une amende d’un million de francs guinéens chacun.
Le tribunal a, en revanche, retenu des faits plus graves contre Kabinet Chérif, reconnu coupable de substitution de candidat. Il a été condamné à cinq mois d’emprisonnement ferme et au paiement d’une amende de trois millions de francs guinéens.
Dans sa décision, le président du tribunal, Oumar Kadiatou Sylla, a également ordonné la confiscation de l’ensemble des objets saisis, notamment les téléphones et autres équipements enregistrés sous les scellés n°030 du 1er juillet 2026 et n°031 du 2 juillet 2026, tout en mettant les frais de justice à la charge des condamnés.
Le procureur salue une décision « responsabilisante »
À l’issue du procès, le procureur de la République près le TPI de Forécariah, Mohamed Lamine Diallo, s’est félicité de la décision rendue.
« Nous sommes vraiment très satisfaits de la décision du tribunal concernant les 23 candidats. Il s’agit d’une responsabilité partagée. Premièrement, il y a une démission parentale. Ensuite, il y a la responsabilité de ces encadreurs qui, malheureusement, sont rémunérés par l’État, perçoivent des salaires, mais n’ont pas assumé pleinement leur mission. Nous appelons les responsables à une prise de conscience afin que notre système éducatif soit réellement à la hauteur de ses ambitions », a-t-il déclaré.
Neuf autres condamnations et de nouveaux procès attendus
Toujours selon la RTG, neuf autres prévenus ont été condamnés à six mois d’emprisonnement avec sursis, assortis d’une amende. Les candidats impliqués sont exclus de la session 2026 du baccalauréat et frappés d’une interdiction de se présenter à cet examen pendant la période prévue par la loi.
L’affaire est toutefois loin d’être close. Sept autres enseignants doivent encore comparaître dans les prochains jours afin que la justice établisse leur niveau de responsabilité dans ce dossier de fraude qui illustre la volonté des autorités de renforcer la crédibilité et l’intégrité des examens nationaux en Guinée.
Kadiatou Diallo, pour Educationactu.com

















