Dans l’enceinte symbolique de l’Institut de Recherche et de Développement des Plantes Médicinales et Alimentaires de Guinée (IRDPMAG) à Dubréka, le gouvernement a franchi, ce vendredi 8 mai 2026, une étape décisive. Avec le lancement du Programme de Recherche à Impact pour la Guinée (PRIG), l’État affirme sa volonté de rompre avec la dépendance intellectuelle en finançant, sur ressources propres, les solutions aux défis structurels de la nation.

Un remède à l’inertie budgétaire
La ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, Dre Diaka Sidibé, a ouvert la cérémonie en rappelant une vérité fondamentale : la valeur d’une découverte réside dans son utilité sociale.

Dressant un réquisitoire lucide un budget de recherche plafonnant à seulement 3,5 % en 2024 et un déficit criant d’enseignants titulaires d’un doctorat la ministre a présenté le PRIG comme le levier du changement.
« Le PRIG est un acte de souveraineté scientifique. Il traduit la volonté de la Guinée de concevoir et de mettre en œuvre ses propres solutions, adaptées à ses réalités et portées par ses talents. »
Transformer la rente minière en capital humain

Cette ambition s’inscrit dans le sillage du programme présidentiel Simandou 2040. Pour le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, l’enjeu est de convertir une ressource éphémère (le minerai) en une ressource éternelle (le savoir).
Selon lui, si le projet Simandou est industriel (mines, rails, port), le programme Simandou 2040 est avant tout humain :
L’objectif : Faire en sorte que les investisseurs viennent en Guinée pour la qualité de ses cadres et chercheurs, et non plus seulement pour ses sols.

Le constat : « Le fer et la bauxite ne reviendront jamais une fois vendus ; le capital humain, lui, est le moteur inépuisable du développement. »
De la santé publique à la souveraineté alimentaire
Le volet social et productif du programme a également été mis en avant par deux interventions clés :
La science au chevet des communautés
Le message de la ministre de la Santé a souligné l’urgence de sortir les résultats des laboratoires pour atteindre les zones rurales. L’objectif est clair : utiliser les données fiables pour renforcer la vaccination et réduire la mortalité infantile par des solutions locales.
Briser le « paradoxe guinéen »

Face au constat alarmant d’une productivité locale en déclin, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Félix Lamah, a exhorté les chercheurs à briser le « paradoxe guinéen » : alors que la vache N’Dama ne produit qu’un litre de lait quotidien contre 25 litres ailleurs, et que le riz local plafonne à 1,5 tonne par hectare, l’urgence est à la création de souches et de semences souveraines pour garantir la sécurité alimentaire et réduire les importations. Pour répondre à ce défi, le PRIG 2026-2028 déploie une enveloppe de 16 à 20 milliards de francs guinéens, visant des résultats concrets d’ici deux ans, dont la validation de 20 publications indexées, la formation de 12 docteurs et le dépôt de 4 brevets. Ce dispositif ambitieux entrera dans sa phase active dès le 1er juin 2026 avec l’ouverture des appels à projets, offrant aux scientifiques jusqu’au 13 juillet pour soumettre leurs solutions d’avenir.

La science guinéenne a désormais rendez-vous avec son destin. Les chercheurs ont les cartes en main pour transformer cet essai budgétaire en succès national.

Depuis Dubréka, SOW Télico pour Educationactu.com















