Après la rencontre entre la ministre de l’Éducation nationale Bintou Keita et l’Intersyndicale, le SNE et le SNEFAG dénoncent une concertation à huis clos dont ils auraient été écartés. Le secrétaire général de la FSPE, Salifou Camara, réfute ces accusations et affirme que l’Intersyndicale était représentée « au complet ». Il détaille les priorités du secteur éducatif et appelle à un dialogue permanent pour éviter une nouvelle crise sociale.
Une légitimité contestée, une réponse ferme
La polémique enfle depuis la rencontre entre Mme Bintou Keita et les représentants syndicaux du secteur éducatif.
Le SNE et le SNEFAG dénoncent leur mise à l’écart. Ils réclament un cadre de dialogue plus large.
Salifou Camara balaie ces critiques d’un revers de main. Pour lui, aucune ambiguïté ne subsiste.
« C’est l’Intersyndicale qui était invitée à cette rencontre, et elle était là au complet », a-t-il affirmé. Il ajoute que ce sont bien les instances légitimes qui ont pris part aux échanges, sans plus de détails.
Un premier échange loin d’une négociation secrète
Selon le syndicaliste, cette rencontre n’avait rien d’occulte.
Il s’agissait d’un premier contact partenarial. L’objectif : poser les bases d’une collaboration durable entre le ministère et les organisations syndicales.
La nouvelle ministre aurait exprimé son inquiétude face à l’accumulation des plateformes revendicatives en souffrance. De leur côté, les syndicats ont rappelé les dossiers urgents, certains en suspens depuis longtemps.
Un appel à sortir du cycle des crises
Camara pointe un mal récurrent du secteur : chaque changement de ministre interrompt les réformes en cours.
« Notre secteur est fatigué de ces perturbations à répétition (…) On ne peut pas tout résoudre simultanément, mais en nous concentrant sur les urgences, nous éviterons une crise aiguë », a-t-il expliqué.
Il plaide pour un calendrier de concertation permanent, seul moyen selon lui d’échapper aux crises cycliques qui fragilisent l’école guinéenne.
Une confiance encore à construire
Cette première prise de contact a rassuré l’Intersyndicale, sans pour autant dissiper toute prudence.
Camara dit miser sur l’expérience internationale de Mme Keita, qu’il juge à même de saisir la complexité du système éducatif guinéen.
Mais il rappelle la mission des syndicats : « Nous sommes la voix des enseignants », martèle-t-il, comme pour recentrer le débat sur les enseignants eux-mêmes plutôt que sur les querelles de représentativité.
Trois chantiers prioritaires pour le secteur
Le secrétaire général de la FSPE liste les urgences à traiter :
L’engagement des enseignants contractuels, pour combler le déficit d’effectifs et désengorger les classes surchargées ;
La révision du statut particulier des enseignants, afin de sécuriser les carrières et garantir un accès à un logement social digne ;
L’amélioration des conditions de vie et de travail, qu’il présente comme la clé de la paix sociale dans le secteur.
La balle dans le camp du ministère
Pour Camara, la nouvelle ministre a une occasion à saisir. S’attaquer résolument à ces chantiers pourrait, selon lui, ouvrir une ère de stabilité inédite pour l’école guinéenne.
Mais l’avertissement est clair : les enseignants ont trop souvent essuyé des promesses non tenues. Désormais, c’est au ministère de transformer l’essai.
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