Réunis samedi à la Bourse du travail, plusieurs centaines d’enseignants contractuels non retenus ont fait le point sur leur dossier d’intégration à la fonction publique. Entre promesses syndicales et impatience du terrain, le ton est monté d’un cran : sans arrêté d’engagement signé avant la rentrée, une grève générale et illimitée est brandie comme ultime recours.
Un appel poignant au chef de l’État
La rencontre a été marquée par un geste fort. Diaka Sow, coordinateur du collectif des enseignants contractuels non retenus de Guinée, s’est agenouillé pour interpeller directement le président Mamadi Doumbouya.
Il a rappelé le parcours de ces enseignants, envoyés dans les villages les plus reculés du pays, avant d’avoir décroché la moyenne requise au concours spécifique de pratiques de classe.
Son message aux responsables syndicaux ne laisse guère de place au doute : « Faites tout votre possible pour que l’arrêté de 4 500 soit signé pendant ces vacances. À défaut de cela, vous allez nous permettre de déclencher une grève générale et illimitée. »
Un dossier « déjà traité », selon la fonction publique
Face à cette impatience, Mohamed Bangoura, responsable de la communication du SLECG des contractuels communaux, se veut rassurant.
Il affirme que la commission en charge du dossier a considérablement accéléré son travail, ramenant un délai initial de plusieurs mois à deux semaines.
Selon lui, cette rigueur vise un seul objectif : n’oublier aucun enseignant, y compris dans les localités les plus reculées du pays.
L’intersyndicale pose ses conditions
Le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, a réaffirmé le soutien de l’intersyndicale aux enseignants contractuels.
Pour lui, un principe est non négociable : ces enseignants, déjà évalués sur le terrain, doivent être engagés avant tout nouveau concours de recrutement.
Un système éducatif sous tension
Le syndicaliste dresse un constat sans détour de l’état de l’école guinéenne. Il pointe un manque criant d’enseignants, avec des classes privées de professeurs pendant plusieurs mois dans certaines matières.
Sa conclusion est sans appel : sans les 18 000 enseignants manquants dans le public, une rentrée scolaire normale serait, selon ses mots, intenable — politiquement, pédagogiquement et académiquement.
Une intersyndicale qui affiche son unité
Michel Pépé Balamou assure que les différentes organisations syndicales mettent leurs différends de côté pour porter ce dossier d’une seule voix.
Un optimisme mesuré du côté de la FSPE
Alpha Gassime Barry, secrétaire général de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE), affiche quant à lui une prudente confiance.
Il salue la mise en place d’une commission dédiée comme une avancée significative, tout en appelant les enseignants à garder espoir face à un dossier qu’il juge en bonne voie.
La rentrée scolaire comme échéance décisive
Entre les assurances des responsables syndicaux et l’exaspération des enseignants sur le terrain, le compte à rebours est lancé. La signature de l’arrêté d’engagement avant la rentrée s’impose désormais comme la condition sine qua non pour éviter un bras de fer social dans le secteur éducatif guinéen.
Kadiatou Diallo, pour Educationactu.com











