Face à la massification des effectifs universitaires et aux exigences du monde moderne, l’Institut Supérieur de Formation à Distance (ISFAD) passe à la vitesse supérieure. À l’occasion du lancement officiel de son programme ce lundi 8 juin 2026, porté par l’ISFAD avec l’appui technique et financier du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone, l’institution outille les enseignants-chercheurs des universités publiques et privées du pays aux technologies du numérique et à l’intelligence artificielle. Objectif : transformer durablement les pratiques pédagogiques pour un apprentissage sans frontières.
Un virage technologique dicté par une vision ministérielle
L’enseignement supérieur et la recherche en Guinée entament une mutation profonde. Sous l’impulsion de la vision de la ministre de tutelle, l’ISFAD a officiellement lancé un programme de renforcement des capacités destiné aux enseignants-chercheurs. L’ambition est claire : moderniser le système éducatif en y intégrant pleinement la culture numérique et les outils d’intelligence artificielle (IA).
« La vision de Madame la Ministre est que l’enseignement supérieur et la recherche soient véritablement digitalisés, et que les enseignants et les chercheurs aient la maîtrise des outils du numérique », explique le Dr Faya Doumbo KAMANO, Directeur Général Adjoint chargé de la recherche à l’ISFAD.
L’hybridation des cours : la réponse à la massification des universités
Au cœur de cette formation dispensée par les experts de l’ISFAD, on retrouve le concept de l’hybridation des parcours. Pour Thierno Aliou DIALLO, Formateur et coordinateur de l’Espace Numérique Universitaire et Scolaire, cette méthode est devenue incontournable pour faire face à l’augmentation constante du nombre d’étudiants dans les institutions guinéennes.
Concrètement, la formation permet aux enseignants de restructurer leurs cours traditionnels. Ils apprennent notamment à :
Scénariser leurs enseignements de manière digitale ;
Combiner le présentiel et le distanciel pour optimiser le temps et l’espace ;
Aligner les plans de cours avec les objectifs pédagogiques et les modes d’évaluation numériques.
Comme le souligne Mamadou Saïdou Aliou DIALLO, ingénieur pédagogique multimédia à l’ISFAD, l’ambition à court terme est pragmatique : « Nous aimerions que chaque enseignant reparte à la fin de cette session avec une version hybridée de son propre cours ».
L’Intelligence Artificielle et le cadre légal au programme
Au-delà de la simple mise en ligne de contenus, cette session aborde des thématiques d’avant-garde comme l’usage de l’Intelligence Artificielle dans l’enseignement et la recherche. Une plateforme technologique dédiée est
d’ailleurs mise à la disposition des participants pour faciliter cette transition.
Cependant, qui dit transition numérique dit aussi responsabilités. Les questions liées à l’identité numérique et à la protection des données dans le cadre des lois en vigueur font partie intégrante des modules enseignés, garantissant ainsi une pratique éthique et sécurisée pour les chercheurs.
Une opportunité saluée par le corps enseignant
Sur le terrain, l’enthousiasme est palpable chez les bénéficiaires. Pour la Dre Seydi Sampiring DIALLO, enseignante-chercheuse et participante, cette initiative de l’ISFAD est une chance historique d’adapter les compétences locales à un monde globalisé.
« C’est une véritable opportunité pour renforcer nos compétences numériques. Cela va nous permettre d’améliorer nos pratiques d’enseignement et de recherche, tout en nous adaptant à un monde de plus en plus digitalisé », témoigne-t-elle avec optimisme.
Un effet multiplicateur attendu dans les universités











L’atelier ne s’arrête pas aux portes de la salle de formation. Les organisateurs comptent sur un effet d’essaimage national. Les enseignants formés ont pour mission de devenir des ambassadeurs du numérique et de partager les acquis dès leur retour dans leurs universités d’origine.
À terme, cette maîtrise des technologies permettra de briser les barrières géographiques, rendant la recherche et l’enseignement accessibles à tous, que l’on soit proche ou loin des grands centres universitaires. La révolution numérique de l’école guinéenne est bel et bien en marche.
SOW Telico, pour Educationactu.com











