L’Institut Supérieur des Sciences de l’Éducation de Guinée (ISSEG) et l’Institut de Pédagogie Universitaire (IPU) de Bamako ont lancé officiellement les travaux de leur premier colloque international conjoint. Organisé ce Mardi le 16 Juin 2026 à Conakry, ce carrefour scientifique de haut niveau réunion décideurs, experts, enseignants-chercheurs et étudiants autour d’une problématique cruciale et contemporaine : « Science et numérique au service de la transformation de l’éducation en contexte de crise ».
L’écosystème universitaire ouest-africain se mobilise face aux mutations technologiques. Ce forum académique marque la concrétisation d’une convention de partenariat ambitieuse signée entre l’ISSEG de Guinée et l’IPU de Bamako pour promouvoir la recherche, la formation et les échanges scientifiques. Porté par une volonté commune de mutualiser les expertises, l’événement bénéficie de l’accompagnement du Ministère guinéen de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS). Prévu sur trois jours, il s’impose comme un espace de co-construction indispensable pour repenser les modèles éducatifs face aux crises sécuritaires, sanitaires et économiques.
Dès l’ouverture, l’ambassadeur de la République du Mali en Guinée, S.E.M. Mohamed Keïta, a magnifié la portée géopolitique de cette synergie, la plaçant sous l’impulsion directe du Général d’Armée Assimi Goïta et du Général Mamadi Doumbouya.
« Les deux Chefs d’État accordent une attention particulière à la modernisation des systèmes éducatifs, au renforcement de l’enseignement supérieur et à la valorisation de la recherche scientifique comme instruments de souveraineté, de transformation économique et de progrès social. Les défis éducatifs contemporains ne peuvent être relevés de manière isolée. Ils exigent des réponses collectives, fondées sur la mutualisation des expertises, le partage des expériences et la production de connaissances adaptées à nos réalités africaines. »
Une vision opérationnelle partagée par le Pr. Mamadou Dia, Directeur Général Adjoint de l’IPU de Bamako, dont la délégation porte plus d’une vingtaine de communications scientifiques. « Le Mali est chez lui, parce que le Mali est un co-organisateur de ce colloque avec l’ISSEG, donc nous sommes là dans un cadre de partenariat gagnant-gagnant pour venir apprendre de la partie guinéenne et aussi laisser ce que nous avons. Ma communication portera sur l’usage du numérique dans les formations de l’IPU, l’impact et la perception des étudiants. »
Dans son allocution de bienvenue, le Directeur Général de l’ISSEG, le Pr Mamadou Cellou Diallo, a dressé une analyse sans complaisance des maux qui minent l’école africaine, distinguant les crises exogènes comme la COVID-19 des crises endogènes permanentes. S’appuyant sur le modèle cybernétique CIPP de Stufflebeam, il a rappelé l’impact holistique de ces dysfonctionnements internes.
« Les crises d’origine endogène, susceptibles d’affecter négativement le système éducatif peuvent provenir, entre autres, des curricula qui manquent de pertinence au regard des besoins de la société, des enseignants qui ne possèdent pas les qualifications requises ou qui manquent de motivation, ou encore de procédés et outils d’évaluation inappropriés. Cependant, la crise ne doit pas être perçue uniquement comme étant une menace, elle peut aussi devenir une opportunité de transformation. La science et le numérique nous offrent les moyens de construire une école plus résiliente, plus inclusive et plus innovante. L’éducation au XXIe siècle ne peut plus se limiter à la transmission classique des connaissances. Elle doit former des apprenants, femmes et hommes, capables de réfléchir, d’innover, de collaborer et d’utiliser intelligemment les outils numériques pour résoudre les problèmes de leurs sociétés. » Le Pr Cellou a invité à cet effet à saisir l’opportunité de l’initiative Simandou Académie de la vision Guinée Simandou 2040.
Représentant la ministre de l’Enseignement Supérieur, la Hadja Dre Diaka Sidibé, le Secrétaire Général du MESRS, le Dr Facinet Conté, a officiellement lancé les travaux en rappelant la transition géopolitique et technologique vers « un nouveau monde ». Il a insisté sur l’exigence d’une transition numérique inclusive.
« L’éducation apparait dès lors comme le levier le plus sûr et le plus durable pour accompagner cette transition. Elle ne peut plus se limiter à transmettre des connaissances; elle doit former des femmes et des hommes capables de s’adapter, d’innover et d’exercer leur esprit critique. Nos apprenants vivent déjà dans un univers connecté. L’enjeu n’est donc plus de savoir si le numérique entrera dans nos écoles, mais plutôt de déterminer comment l’intégrer de manière intelligente, équitable et éthique afin qu’il améliore la qualité des apprentissages et réduise les inégalités. À l’heure où l’information est abondante et instantanément accessible, la mission de l’école est d’apprendre à comprendre, à analyser, à faire preuve de discernement et à apprendre à faire faire. Notre continent ne doit pas se contenter d’être un simple consommateur de technologies et d’innovations produites ailleurs. Il doit devenir un espace de création et de production de savoirs. »





Alors que les panels scientifiques s’ouvrent à Conakry, les contributions des deux pays sont fortement attendues pour faire émerger des propositions concrètes. Ce carrefour académique conjoint doit ainsi poser les jalons d’un espace scientifique ouest-africain intégré, capable d’orienter les futures politiques publiques et de faire du numérique éducatif un levier de souveraineté et de progrès social.
SOW Telico, pour Educationactu.com











