Lors de la clôture des Olympiades des métiers ce 24 avril 2026, le Premier ministre guinéen a plaidé pour une « révolution mentale » en faveur de la formation professionnelle. Entre promesses d’investissements massifs, doublement des primes pour les lauréats et impératif de reconversion technologique, Amadou Oury Bah place désormais les métiers techniques au sommet des priorités nationales.

Sortir de la « voie de second choix » : le pari de la révolution mentale
Longtemps perçu par les familles guinéennes comme un refuge pour les élèves en difficulté, l’enseignement technique et professionnel (ETP) amorce une mue historique. Devant les participants des Olympiades des métiers, le Premier ministre Amadou Oury Bah a fustigé une dévalorisation culturelle qui n’a plus lieu d’être.

S’inspirant ouvertement des modèles suisse et allemand où l’apprentissage est un pilier de la prospérité économique le chef du Gouvernement a martelé une vision claire : l’employabilité immédiate. « La courbe de fréquentation de l’enseignement technique doit désormais surpasser celle de l’enseignement général », a-t-il affirmé, appelant à un changement de paradigme chez les parents et les apprenants.
L’exigence technologique : de la mécanique au numérique
Le message de la Primature est sans équivoque : les métiers traditionnels doivent se réinventer ou disparaître. Face à l’arrivée des véhicules hybrides et électriques en Guinée, ou encore l’usage de l’impression 3D dans la couture, la formation continue devient un enjeu de souveraineté économique.
« Les mécaniciens de l’ancien type sont obligés de se reconvertir. Le monde change et notre main-d’œuvre doit impérativement maîtriser les nouvelles technologies pour rester compétitive », a prévenu Bah Oury.
Cette ambition se traduit déjà sur le terrain par une décentralisation des infrastructures. Le Premier ministre a rappelé le lancement récent des chantiers des Écoles Régionales des Arts et Métiers (ERAM) à Kindia et Pita, soulignant l’importance de doter chaque préfecture d’outils de formation performants.

Simandou 2040 : former local pour transformer national
L’enjeu majeur de cette accélération reste le méga-projet minier Simandou. Pour que ce poumon économique profite réellement aux Guinéens, le gouvernement mise sur la formation de techniciens et d’ingénieurs polyvalents capables de répondre aux standards internationaux.
Un signal fort pour la jeunesse
Pour marquer cet engagement, deux annonces majeures ont ponctué la cérémonie :
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Récompense de l’excellence : Sur instruction du Président de la République, les primes des 13 lauréats (originaires exclusivement de l’intérieur du pays cette année) ont été doublées, passant de 10 à 20 millions GNF.
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Alternative à l’exil : Le Premier ministre présente désormais l’ETP comme le « rempart efficace » contre l’immigration clandestine, promettant que les jeunes trouveront désormais leur dignité et leur métier sur le sol guinéen.
Un bilan prometteur pour les Olympiades -
Pour le ministre Alpha Bacar Barry, ces trois jours de compétition autour de 13 filières ont prouvé que la « soif d’apprendre » de la jeunesse guinéenne est immense. Entre masterclass et panels avec le secteur privé, l’événement a servi de vitrine à un secteur en pleine effervescence.

La bataille de l’image semble gagnée ; reste désormais à transformer cet essai en un déploiement industriel et éducatif à l’échelle nationale pour soutenir l’émergence promise à l’horizon 2040.
SOW Telico, pour Educationactu.com

























