Le Secrétariat National du SAES s’est réuni ce samedi 10 janvier 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). À l’issue de cette rencontre, le syndicat a publié un communiqué au vitriol, pointant du doigt des dossiers brûlants qui cristallisent la colère des enseignants-chercheurs : le flou autour du recrutement de 300 collègues par la Guinée et l’injustice sociale frappant les familles des défunts ainsi que les retraités de nationalité étrangère.
Recrutement par la Guinée : La mise en garde du SAES
L’affaire des 300 enseignants-chercheurs recrutés par la Guinée voisine suscite des remous. Sur les 59 Sénégalais déjà identifiés sur cette liste, le SAES précise que 80 % (soit 41 docteurs sans emploi et 6 retraités) sont libres de tout engagement. Toutefois, le syndicat tire la sonnette d’alarme sur les 20 % restants : douze (12) enseignants déjà en poste dans le public au Sénégal.
Le SAES rappelle fermement qu’il est légalement impossible d’occuper simultanément deux emplois permanents dans le secteur public. Tout en soulignant que ce nombre ne représente que 0,4 % de l’effectif total national, le syndicat appelle les autorités des deux pays à clarifier les mécanismes de mise en œuvre du protocole de coopération signé en mai 2025, afin de respecter strictement la réglementation sur la mobilité et la mise en disponibilité.
Un appel au recrutement massif de docteurs sans emploi
Face à cette situation, le SAES ne se contente pas de recadrer la mobilité internationale. Il interpelle directement le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI). Le syndicat exige le respect de l’accord du 6 janvier 2023 prévoyant un recrutement massif de docteurs sénégalais. L’objectif affiché est d’atteindre un taux de 70 % de permanents et d’améliorer un taux d’encadrement des étudiants actuellement jugé bien en deçà des normes internationales.
Pensions de réversion et retraités étrangers : L’urgence sociale
Le volet le plus social du communiqué concerne le sort des familles des enseignants décédés. Malgré la signature du décret présidentiel 2025-398 en mars dernier, censé corriger cette « injustice », de nombreuses veuves et de nombreux orphelins sont toujours privés de leur pension de réversion. Le SAES dénonce l’inertie du MESRI et du Fonds National de Retraite (FNR).
L’indignation est tout aussi vive concernant les enseignants-chercheurs retraités de nationalité étrangère. Bien qu’ayant cotisé durant toute leur carrière au Sénégal, le FNR s’opposerait, depuis plus d’un an, au paiement de leurs pensions. « Une injustice flagrante », selon le syndicat, pour des agents soumis au même régime de cotisations que leurs collègues sénégalais.
Vers une paralysie des universités ?
Face à ce qu’il considère comme un mépris des engagements pris par l’État, le SAES passe à la vitesse supérieure. Après avoir alerté sans succès diverses instances (MESRI, Finances, Haut Conseil du Dialogue Social), le Secrétariat National appelle désormais ses militants à une « mobilisation totale dans les jours à venir ».
Si le gouvernement ne réagit pas rapidement pour résoudre ces contentieux administratifs et financiers, le spectre d’une grève générale pourrait de nouveau planer sur l’enseignement supérieur sénégalais en ce début d’année 2026.
Par la Rédaction Fait à Dakar, le 11 janvier 2026
























