Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS), à travers l’Institut Supérieur de Formation à Distance (ISFAD), a lancé une nouvelle étape de son ambitieux programme de transformation numérique. Soutenue par l’Ambassade de France, cette initiative se déploie en deux temps forts : après une première phase pratique qui s’est tenue du 08 au 12 juin 2026, la deuxième session de formation a été officiellement lancée ce lundi 22 juin par le Secrétaire général du MESRS, Dr Facinet Conté, et se poursuivra jusqu’au 26 juin 2026. Ce programme vise à former les enseignants-chercheurs aux outils numériques et à l’intelligence artificielle afin de moderniser les pratiques pédagogiques et de répondre efficacement à l’explosion des effectifs universitaires.
Une nouvelle étape dans la transformation de l’enseignement supérieur
Le numérique n’est plus un simple outil d’accompagnement. Il s’impose désormais comme un levier stratégique pour l’avenir de l’enseignement supérieur guinéen. C’est dans cette dynamique que l’ISFAD a lancé, ce lundi 22 juin 2026 à Conakry, la deuxième session de formation dédiée à l’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle dans les pratiques pédagogiques universitaires.
Porté par l’ISFAD avec l’appui technique et financier du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone, le programme réunit des enseignants-chercheurs issus des universités publiques et privées du pays. L’ambition est claire : permettre aux établissements de s’adapter aux mutations technologiques mondiales et de proposer un apprentissage plus flexible, plus inclusif et plus performant.
Le numérique et l’IA, des outils devenus incontournables
Représentant la ministre de l’Enseignement supérieur, Dre Diaka Sidibé, le Secrétaire général du MESRS, Dr Facinet Conté, a insisté sur l’urgence pour les enseignants de maîtriser les nouvelles technologies. Selon lui, l’évolution rapide du monde académique exige désormais une parfaite appropriation du numérique et de l’IA.
« Cette formation est salutaire pour notre système éducatif », a-t-il souligné, invitant les bénéficiaires à devenir des relais de compétences dans leurs institutions respectives afin de diffuser largement les connaissances acquises.
Cette vision est pleinement partagée par les participants sur le terrain, qui y voient un levier de modernisation direct de leurs méthodes d’enseignement.
L’œil du terrain : « Le numérique et l’IA sont des outils incontournables pour notre système éducatif. Participer à cette formation nous permet de découvrir de nouvelles opportunités et d’améliorer nos pratiques pédagogiques », explique M. Mazoughou Goépogui, Enseignant-Chercheur à l’IST de Mamou et participant.
Pour les autorités comme pour les technopédagogues, la transition numérique ne constitue plus une option mais une nécessité stratégique pour garantir la compétitivité du système universitaire guinéen.
L’héritage de la pandémie et la montée en puissance de l’ISFAD
La crise sanitaire liée à la COVID-19 a profondément bouleversé les modes d’enseignement à travers le monde. En Guinée, elle a surtout révélé les limites du modèle traditionnel reposant essentiellement sur le présentiel.
Dr Facinet Conté rappelle qu’avant la pandémie, la formation à distance était souvent perçue comme une alternative réservée à certaines catégories d’apprenants. Les années 2021 et 2022 ont toutefois démontré son caractère indispensable. Cette prise de conscience a conduit le ministère à renforcer les espaces numériques de travail et à faire de l’ISFAD un acteur central de la modernisation pédagogique.
Moodle et intelligence artificielle au cœur de la formation
Après une première phase consacrée aux fondamentaux de l’ingénierie pédagogique numérique, cette deuxième session marque le passage à la pratique. Les participants sont désormais formés à l’utilisation avancée de la plateforme Moodle ainsi qu’à l’intégration de l’intelligence artificielle dans leurs activités.
Concrètement, ils apprennent à :
Concevoir des contenus pédagogiques numériques : Développer des cours en ligne, des ressources multimédias, des fiches pédagogiques et des exercices interactifs adaptés aux nouveaux modes d’apprentissage.
Moderniser les systèmes d’évaluation : Créer des évaluations en ligne, automatiser certaines corrections et assurer un meilleur suivi des performances des étudiants.
Exploiter le potentiel de l’intelligence artificielle : Utiliser l’IA comme un assistant pédagogique capable d’accompagner la préparation des cours, l’organisation des contenus et l’amélioration de l’expérience d’apprentissage.
« Le changement repose avant tout sur les femmes et les hommes »
Dans son discours de bienvenue, la Directrice générale de l’ISFAD, Dre Oumou Salamata Barry, a rappelé que la réussite de la transformation numérique dépend avant tout de l’engagement des acteurs du système éducatif.
« La transformation numérique de l’enseignement supérieur ne se limite pas à l’acquisition d’équipements ou de plateformes technologiques. Elle repose avant tout sur les femmes et les hommes qui portent le changement », a-t-elle déclaré.
Elle a invité les participants à tirer pleinement profit de cette session afin de renforcer leurs compétences et d’accompagner la modernisation de leurs établissements respectifs. L’objectif final est de créer un effet multiplicateur à travers tout le territoire national, chaque bénéficiaire étant appelé à partager son expertise avec ses collègues.
Une coopération franco-guinéenne saluée
Le programme bénéficie d’un soutien important de l’Ambassade de France en Guinée. Présent à l’ouverture des travaux, M. Gay Tall, attaché de coopération universitaire et directeur délégué de l’Institut français de Guinée, a salué les avancées enregistrées par le système d’enseignement supérieur guinéen. Selon lui, l’ISFAD représente aujourd’hui l’une des composantes les plus abouties du partenariat éducatif entre la France et la Guinée.
Pour encourager l’excellence, deux participants particulièrement performants bénéficieront d’une immersion professionnelle dans un établissement partenaire en France afin de renforcer davantage leurs compétences.
Répondre au défi de l’explosion des effectifs universitaires
Au-delà de l’innovation pédagogique, cette stratégie numérique répond également à une problématique majeure : l’augmentation constante du nombre d’étudiants.
Le Secrétaire général du MESRS a révélé que les universités guinéennes accueillent déjà plus de 20 000 nouveaux étudiants chaque année. Avec les perspectives de repêchage au baccalauréat, ce chiffre pourrait dépasser les 25 000 inscrits dès la prochaine rentrée. Face à des infrastructures physiques limitées, l’enseignement à distance apparaît comme une solution incontournable pour absorber cette croissance tout en préservant la qualité de la formation.
Vers l’université guinéenne de demain
À travers l’ISFAD, le MESRS affiche clairement son ambition : bâtir une université plus résiliente, plus connectée et capable de répondre aux exigences du XXIe siècle.
L’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle dans les pratiques pédagogiques ne relève plus de l’expérimentation. Elle constitue désormais un pilier de la stratégie nationale de modernisation de l’enseignement supérieur. Le message porté conjointement par les autorités guinéennes et leurs partenaires est sans équivoque : l’avenir de l’université guinéenne se construira aussi dans les espaces numériques d’apprentissage.






SOW Telico, pour Educationactu.com











