Dans un petit espace baigné de lumière, deux Étudiantes de l’Université Général Lansana CONTE de Sonfonia-Conakry, Marie Thérèse DJATA et Djenabou SANGARE, transforment leur passion pour les perles en véritables œuvres d’art. Camarades de classe depuis 3 ans, ces filles ont décidé de combiner leurs compétences en design et en artisanat pour créer des objets et accessoires uniques. Leur aventure a débuté il y a quelques mois, lorsqu’elles ont réalisé qu’il existait un marché croissant pour des produits faits à la main et personnalisés.
Marie Thérèse DIATTA et Djenabou SANGARE, étudiante en Licence 2 Sociologie, ont mis au point une gamme variée d’articles, allant des sacs aux boîtes de kleenex et de stylos en passant par des accessoires à la mode.
Marie Thérèse DIATTA , passionnée de couleurs et de motifs, s’occupe de la création et du design. Djenabou SANGARE, quant à elle, est la virtuose des techniques de fabrication, alliant précision et créativité pour donner vie aux idées de son amie. Ensemble, elles ont su développer un style distinctif qui reflète leur personnalité, tantôt ludique, tantôt chic. Avec leur détermination et leur passion, elles prouvent que la jeunesse et la créativité peuvent donner naissance à des projets incroyables, transformant les simples perles en véritables trésors.
Rencontrées sur les lieux par un reporter de Guineematin.com, en pleine action, les deux jeunes dames ont expliqué l’origine de leur projet, les difficultés auxquelles elles sont confrontées et leur vision future.
Guineematin.com : d’où est venue l’idée de fabrication de ces gadgets et autres ?
Djenabou SANGARE: cette idée nous est venue pendant les vacances. Nous étions juste à la maison chaque jour en train de jouer, de naviguer sur TikTok, Facebook et rien d’autre. Un jour, nous sommes tombées sur une vidéo dans laquelle une dame fabriquait un sac avec des perles sur Facebook. Cela nous a beaucoup intéressé d’où nous avons fait des recherches là-dessus et finalement nous avons pris l’idée de se lancer dans ce job pour au moins nous occuper. Au fur et à mesure que nous exercions, nous avons constaté que c’était un travail très important qui pouvait rendre service et satisfaire des besoins de la population.
Quels sont les objets que vous fabriquez et à base de quoi ?
Marie Thérèse DIATTA : Nous fabriquons beaucoup de choses et cela dépend des commandes que font nos client (e)s comme des sacs, des portefeuilles, des boîtes et mini boites à kleenex, des bracelets, des boîtes à bics, des perles de taille communément appelées baya pour les femmes… et tous à base des perles et des fils communément appelés nerfs.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez lors de la confection de ces différents objets ?
Djenabou SANGARE: Nous rencontrons pas mal de difficultés surtout ce qui consiste l’obtention des perles. Nous avons plusieurs qualités de perles que nous utilisons et on ne les trouve pas ici à Conakry. Donc, il faut faire la commande ailleurs et cela pèse beaucoup sur nous économiquement car on achète très cher. Parfois, nous nous blessons à la main en tirant les fils pour bien serrer, nous avons aussi le manque de temps pour la confection de plusieurs objets à la fois, nous ressentons des douleurs aux reins et au cou après le boulot et le travail est manuel…
Quelle innovation apportez-vous dans l’exercice de ce travail et votre particularité ?

Marie Thérèse DIATTA : Nous avons apporté comme innovation la fabrication de divers objets, pas seulement les sacs comme, nous avons vu dans la vidéo du départ. Nous écrivons les noms des client (e)s sur les objets que nous fabriquons, s’ils le souhaitent bien sûr, nous mélangeons parfois les couleurs pour donner plus de beauté ; nous faisons aussi des dessins.
Djenabou SANGARE : parlant de la particularité, nous avons mis en place beaucoup de stratégies. Comme nous avons constaté l’existence du même travail dans la ville, nous nous sommes démarquées en baissant un peu plus le prix de nos produits, en étant rapide dans la confection car certaines personnes peuvent te commander dans deux jours ou une semaine et nous partageons souvent les produits sur les différents réseaux sociaux tout comme la livraison que nous faisons souvent de façon gratuite à nos client (e)s.
Ces objets vous sont-ils utiles, financièrement ?
Djenabou SANGARE: De ce côté, nous ne gagnons pas encore trop, mais nous arrivons quand-même à trouver la dépense pour les articles afin de produire encore plus. Pour le moment, on vend à 50.000, 80 000 GNF… Nous allons quand-même élargir pour avoir plus de revenus et cela nous permettra même d’ouvrir un atelier.
Quelle est votre ambition pour ce métier dans les jours à venir ?
Marie Thérèse DIATTA: notre ambition est d’aller très loin, être reconnue sur le plan national et d’ailleurs mondial. C’est vrai que le métier est déjà partout, mais nous on va y arriver car j’ai vraiment l’espoir.
Djenabou SANGARE: nous voulons aussi valoriser les travaux manuels, car souvent en Guinée ici nous n’accordons pas assez d’importances aux travaux manuels. Et s’il y a les vrais moyens, nous allons fabriquer beaucoup d’autres choses qui nous aideront à bien mener notre vie.
Ce travail n’affecte-t-il pas vos études ?
Marie Thérèse Diatta : c’est vrai que ça prend un peu de temps, mais en réalité, nos études sont primordiales. On suit d’abord les cours, et à la sortie, on se concentre sur la fabrication. Et si nous avons des TD (Travaux Dirigés) nous traitons nos devoirs et après aller suivre les cours avant de continuer à fabriquer quoique ce soit.
Quel message pouvez-vous laisser à vos sœurs et à vos amies qui sont aussi élèves ou étudiantes comme vous ?
Ce que nous pouvons dire aux jeunes filles, surtout celles étudiantes comme nous, c’est de lier les études à un petit boulot. Nous avons assez de temps libre, au lieu de se concentrer seulement que sur les réseaux sociaux à regarder les stars et autres, on peut bien entreprendre quelque chose qui ne nous prend pas tout le temps, mais qui nous apporte un peu de revenus. Ça sera une manière d’être autonome, et de faire la promotion de la femme. Il ne faut pas dire seulement qu’il faut finir les études pour travailler dans un bureau ou ailleurs, mais il faut déjà commencer à apprendre dès le lycée ou l’université, qui peut te soutenir en dehors de l’école. Nous avons assez de petits métiers qui sont rentables et qui nous offrent un peu de liberté pour faire d’autres choses, et, surtout il faut persévérer tout en ayant foi et la confiance en soi. Alors nous invitons toutes les jeunes filles à s’engager dans un domaine dès maintenant pour un avenir radieux.
Avez-vous un appel à lancer pour un soutien ou un accompagnement ?
En réalité ce n’est pas facile ; mais, nous allons quand-même nous en sortir, car voulant dire on va faire appel à l’État et attendre jusqu’à ce qu’il nous donne quelque chose, ça ne sera pas facile. L’État a trop de charges, on ne peut pas tout lui coller. S’il veut nous aider, qu’il le fasse de son propre gré, également les bonnes personnes ou les personnes de bonne foi, mais on ne va pas attendre quelque chose pour continuer notre travail. Donc, nous allons nous battre avec foi et nous croyons fermement que ça va aller un jour…
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