Ce jeudi 20 août 2026, les locaux du ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique (MESRS) ont abrité une rencontre stratégique de haute portée culturelle et scientifique. La ministre de l’Enseignement supérieur, Madame Djami Diallo, et son homologue de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, ont échangé avec les experts du Centre d’Innovation et de Recherche pour le Développement (CIRD) autour du projet national de recensement, de documentation et de numérisation du patrimoine matériel et immatériel de la Guinée.
La démarche s’inscrit dans le cadre du Programme de Recensement, de Documentation et de Numérisation du Patrimoine culturel de la République de Guinée, porté par le CIRD en partenariat avec le ministère de la Culture. Présenté par une délégation de scientifiques comprenant le Dr Alioune Bah, le Dr Ismailou Baldé, la Dr Safiatou Diallo et le Pr Mohamed Sahar Traoré, ce programme d’envergure inédite vise à inventorier les richesses culturelles du pays, de la capitale Conakry jusqu’aux préfectures, sous-préfectures et villages les plus reculés. Au-delà du simple archivage, cette initiative structurante ambitionne de constituer une base de données exhaustive pour enrichir les musées nationaux et régionaux, tout en ouvrant la voie à la classification de sites guinéens sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, un label stratégique destiné à stimuler le tourisme et l’économie nationale.
Les enjeux scientifiques et sociétaux de cette démarche dépassent la simple collecte de données. Comme l’a souligné le Dr Ismailou Baldé, Directeur Général de l’Institut de recherche sur le patrimoine et la linguistique appliquée (IRPLA), il s’agit avant tout de prémunir les générations futures contre la perte identitaire face à la mondialisation culturelle. Sur le plan académique, le Pr Mohamed Sahar Traoré, DG de l’Institut de recherche en biologie appliquée de Guinée (IRBAG) et membre de l’Académie des sciences de Guinée, a salué une opportunité majeure pour la recherche, rappelant que les institutions historiques comme l’IRBAG regorgent d’archives précieuses qui bénéficieront directement de cette numérisation.
Selon les participants, la ministre a indiqué qu’il s’agissait d’un projet « passionnant et structurant ». Elle s’est engagée à étudier la mise en place d’un cadre formel de partenariat avec le ministère de la Culture. Ce cadre permettra de formaliser la synergie entre les deux départements afin de mobiliser conjointement les ressources humaines, matérielles et financières nécessaires. En se positionnant comme le bénéficiaire scientifique final de ce programme, le monde universitaire guinéen s’assure ainsi la mise à disposition d’un vivier de données fondamentales pour la mémoire et la recherche nationale.





SOW Telico, pour Educationactu.com











