À l’Université de Kindia, le savoir ancestral a repris ses lettres de noblesse. En ouverture du Colloque International, le Professeur Mamadou Samba BARRY a brillamment décortiqué la « résistance » d’une médecine guinéenne qui, loin de s’effacer devant la modernité, s’affirme comme un pilier de notre système de santé. Entre héritage sacré et défis scientifiques, plongée au cœur d’un patrimoine qui refuse de disparaître.
Une résilience millénaire face au stéthoscope
Le Pr Samba BARRY, Officier de l’Ordre des Palmes Académiques du CAMES, n’y est pas allé par quatre chemins : la médecine traditionnelle guinéenne n’est pas une alternative de seconde zone, c’est une force historique. En présence d’un parterre de chercheurs et d’étudiants, il a rappelé que pour une grande partie de la population, notamment en milieu rural, les plantes et les écorces restent le premier rempart contre la maladie. Cette médecine « résiste » parce qu’elle est logée au plus profond de l’identité sociale du pays.
De la transmission orale au cadre scientifique
Le cœur de la conférence a porté sur un équilibre délicat : comment protéger un savoir qui se transmet souvent à voix basse, de génération en génération, tout en le faisant entrer dans la rigueur du XXIe siècle ? Le Pr Barry a exploré les techniques thérapeutiques locales et, surtout, les interactions — parfois complexes — avec la médecine conventionnelle. Pour lui, il ne s’agit pas d’opposer les deux mondes, mais de les faire dialoguer pour enrichir nos stratégies de santé publique.
Sortir de la marginalisation : le défi de la régulation
Face à ce qu’il appelle « l’hégémonie des pratiques occidentales », le conférencier a plaidé pour une reconnaissance officielle plus forte. Mais attention, pas de chèque en blanc : le Pr Barry insiste sur la nécessité d’une régulation stricte pour garantir la sécurité et l’efficacité des remèdes. Le défi est de taille : moderniser le secteur sans en trahir l’âme, et intégrer ces savoirs dans un cadre scientifique rigoureux pour qu’ils ne soient plus perçus comme marginaux.
Vers un mariage entre tradition et modernité
Les débats qui ont suivi ont ouvert des perspectives passionnantes. L’idée force ? Créer une passerelle solide entre le tradipraticien et le médecin en blouse blanche. Les participants ont insisté sur l’urgence d’inclure ces connaissances dans les politiques de développement durable. À Kindia, le message est passé : notre pharmacopée est une mine d’or, à condition de savoir l’exploiter avec intelligence et respect.
SOW Telico, pour Éducationactu.com

























