Après le succès de la réforme à l’élémentaire, le ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire s’attaque au chantier du secondaire. Ce vendredi, au siège de l’INRAP, le ministre Alpha Bacar Barry a donné le coup d’envoi de la refonte des programmes, misant sur le digital et l’employabilité pour transformer l’école guinéenne en un véritable moteur de souveraineté dès la rentrée 2026.
Un socle solide hérité du cycle élémentaire

La cérémonie de lancement à l’Institut National de Recherche et d’Action Pédagogique (INRAP) marque une étape charnière. Le Directeur général de l’institution, Malick Bah, a rappelé que ce nouveau chantier s’appuie sur des fondations déjà éprouvées.
Depuis la validation du Cadre d’Orientation Curriculaire (COC) en 2023, l’élémentaire a achevé sa mue avec la distribution de manuels et de cahiers d’activités de nouvelle génération. Ce succès, fruit d’une collaboration avec le Bureau international de l’éducation de l’UNESCO, sert désormais de boussole pour le passage au niveau supérieur.
L’école 2.0 : Digital et préparation à la vie active
L’innovation majeure de cette réforme réside dans l’hybridation de l’enseignement. Plusieurs leviers sont déjà en phase de déploiement :
L’éducation numérique : Via la plateforme Learning Passport (UNICEF) et le programme GIGA, l’ambition est de connecter plus de 2 000 écoles à des ressources pédagogiques dématérialisées.
L’insertion professionnelle : Soutenu par la GIZ, un programme de préparation aux métiers porteurs intègre désormais le parcours scolaire, brisant le mur entre la théorie et le monde du travail.
Éducation complète : Un programme national d’éducation à la sexualité est également intégré pour répondre aux enjeux sociaux et de santé des apprenants.
Un « acte de souveraineté » pour Alpha Bacar Barry
Pour le ministre Alpha Bacar Barry, le maintien de programmes vieux de plus de dix ans n’était plus une option face à l’accélération technologique mondiale.
« Le monde change, les métiers évoluent. Nos programmes doivent être en phase avec les réalités nationales et les standards internationaux », a-t-il martelé, qualifiant cette réforme d’acte de souveraineté éducative.
Les trois piliers de la réforme :
Pertinence : Fusionner les valeurs culturelles guinéennes avec les sciences modernes.
Inclusion : Garantir qu’aucun enfant, quel que soit son milieu, ne soit laissé de côté.
Employabilité : Transformer chaque diplôme en un véritable passeport pour l’emploi.
Objectif 2026 : Le smartphone comme outil de savoir
L’un des points forts de la vision ministérielle est l’utilisation stratégique des technologies mobiles. Profitant de la forte pénétration des smartphones en Guinée, le ministère compte diffuser largement les contenus pédagogiques pour pallier les disparités géographiques.
Le calendrier est désormais serré : les experts ont quelques mois pour finaliser ces programmes par compétences, avec pour horizon une mise en œuvre effective dès la rentrée scolaire 2026-2027. Un pari sur l’avenir qui vise à refonder durablement le contrat entre l’État et la jeunesse guinéenne.

SOW Telico, pour EducationActu.com






















