À Hamdallaye 1, les opérations de démolition engagées après le drame de la décharge de Dar-Es-Salam menacent le groupe scolaire privé Hadja Nantouma. Face à l’imminence de l’intervention des bulldozers, le directeur général de l’établissement, Daouda Souaré, lance un appel pressant aux autorités pour obtenir des mesures d’accompagnement et préserver l’avenir de plus de 300 élèves.
Un pôle éducatif de proximité menacé de disparition
Dans la cour de l’établissement, la consternation a pris le pas sur la préparation de la rentrée. Implanté depuis près de sept ans au cœur du quartier, le groupe scolaire Hadja Nantouma assure un parcours complet, de la maternelle jusqu’à la 10ᵉ année :
Capacité d’accueil : Environ 350 élèves issus en majorité des ménages environnants.
Proximité et accessibilité : Des frais de scolarité modérés (débutés à 115 000 GNF) permettant aux familles modestes de scolariser leurs enfants à deux pas de chez eux.
Bilan académique : Une dynamique d’excellence concrétisée lors des derniers examens nationaux, avec 31 admis sur 33 candidats présentés.
Pour les fondateurs, ce projet représente le fruit de longues années d’économies injectées progressivement pour faire passer la structure de quatre salles de classe à un complexe fonctionnel.
« Nous sommes frappés d’une très grande tristesse. Nous avons invested ici l’argent que nous avons économisé pendant des années, entre amis, pour créer cette école », confie Daouda Souaré.
Moteur d’emploi et stabilisateur social
Au-delà de sa mission éducative, l’établissement joue un rôle clé dans le tissu socio-économique local en servant de tremplin professionnel pour les jeunes diplômés du secteur.
Incertitude professionnelle : Plusieurs anciens élèves revenus y enseigner risquent de se retrouver sans emploi.
Cas de conscience pour les familles : De nombreux parents s’inquiètent déjà des alternatives pour la scolarisation de leurs enfants, notamment les plus jeunes incapables d’effectuer de longs déplacements.
« Beaucoup de jeunes qui ont terminé leurs études donnent des cours ici. Si l’école disparaît, nous ne savons pas où les placer », alerte le directeur général.
Un appel urgent à des mesures d’accompagnement
Tout en affirmant comprendre l’impératif de sécurité publique guidant les interventions de l’État après l’éboulement tragique du 23 août dernier, les responsables déplorent la brutalité du calendrier et le flou entourant d’éventuelles indemnisations.
Initialement rassurés par une réunion évoquant une zone de tolérance fixée à 50 mètres de la décharge, les promoteurs ont été pris de court par l’ordre de démolition.
Les revendications clés des responsables de l’école :
Un réexamen de la décision : Prendre en compte le rôle social et la situation géographique exacte du bâtiment.
Un soutien financier et logistique : Octroyer des indemnisations et un délai raisonnable pour réinstaller l’établissement.
La prise en charge des usagers : Anticiper le relogement scolaire des 350 élèves et préserver les emplois du personnel encadrant.
SOW Telico









