Conakry s’impose cette semaine comme la capitale ouest-africaine de la coopération scientifique et de l’innovation face aux enjeux climatiques. Le ministre guinéen de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, Alpha Bacar BARRY, a procédé mercredi 24 septembre 2025 au lancement de la session extraordinaire du Conseil des ministres du Centre ouest-africain de services scientifiques sur le changement climatique et l’utilisation adaptée des terres (WASCAL).
Cet événement d’envergure, organisé à la veille du Conseil ministériel prévu vendredi, réunit chercheurs, décideurs et partenaires régionaux autour d’un objectif commun : élaborer des stratégies de lutte contre le changement climatique et renforcer la résilience des pays de la sous-région.
La Guinée, moteur de la gouvernance scientifique régionale
Basé à Ouagadougou, le WASCAL est une organisation de recherche et de formation regroupant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest autour des questions de climat, d’adaptation des terres et de développement durable. En accueillant la 6ᵉ édition de son Conseil d’administration et cette session extraordinaire du Conseil des ministres, la Guinée confirme son rôle moteur dans la gouvernance scientifique régionale.

Pour le Docteur Facinet CONTE, Secrétaire Général du MESRSI, ces assises représentent un tournant : « La tenue successive de la session du Conseil d’administration et de la 6ᵉ réunion du Conseil ministériel constitue une étape stratégique dans la vie de notre organisation commune. Elle traduit notre volonté collective de renforcer la gouvernance scientifique et de relever ensemble les défis liés au changement climatique, au développement durable et à l’innovation technologique. »
Il a également salué la collaboration exemplaire entre la commission nationale d’organisation et le comité de pilotage du WASCAL.
Alpha Bacar BARRY appelle à plus d’ambition

En sa qualité de président en exercice du Conseil des ministres du WASCAL, Alpha Bacar BARRY a rappelé la vocation première de l’institution : « Le WASCAL est une réponse collective et ambitieuse aux défis environnementaux et climatiques qui frappent notre région. Sa vision est claire : produire et valoriser la recherche scientifique afin de renforcer la résilience de nos communautés et promouvoir une gestion durable de nos ressources naturelles. »
Mais il a aussi lancé un avertissement : « Nous devons être plus ambitieux que nos partenaires financiers dans le soutien de ce projet vital pour notre survie. Nos contributions doivent être honorées à temps afin de donner à WASCAL les moyens de son action. »
Un message adressé directement aux États membres, invités à assumer pleinement leurs responsabilités aux côtés du partenaire historique, le ministère fédéral allemand de l’Éducation et de la Recherche (BMBF).
Une adhésion en perspective : la Guinée-Bissau se rapproche du WASCAL
La rencontre a également été marquée par la présence de la Guinée-Bissau. Bien que n’étant pas encore membre effectif, le pays a confirmé son intention de rejoindre l’organisation après ses élections législatives du 23 novembre.
Son vice-ministre de l’Enseignement supérieur, Jibrilou DIALLO, a souligné l’importance d’une action collective : « Le changement climatique est l’une des plus grandes menaces à notre survie. Le WASCAL est un outil scientifique essentiel pour y faire face, et la Guinée-Bissau est déterminée à en devenir membre effectif. »
Le soutien renouvelé de l’Allemagne
Présent à Conakry, le représentant du BMBF, Dr Christian Alecke, a rappelé la portée internationale croissante de l’institution :
« Le projet Climate Services for Risk Reduction in Africa (CS4RA), porté avec l’Afrique de l’Ouest, l’Allemagne et d’autres partenaires européens, illustre la place déjà incontournable de WASCAL dans la recherche climatique. Plus de 130 propositions de projets ont été déposées, toutes coordonnées par des partenaires ouest-africains. Cela démontre que WASCAL est aujourd’hui reconnu comme un acteur international majeur dans le domaine des sciences du climat. »
Il a insisté sur un point crucial : la régularité des contributions nationales, indispensables à la pérennité de l’organisation.
Vers des solutions concrètes pour l’Afrique de l’Ouest
En accueillant cette session extraordinaire, la Guinée confirme son engagement à faire de la science et de l’innovation des leviers de développement et de résilience face aux bouleversements climatiques.
Alors que huit ministres de l’Enseignement supérieur de la sous-région sont attendus vendredi à Conakry, l’ambition affichée est claire : transformer les résultats de la recherche en solutions concrètes, accessibles et durables pour les populations ouest-africaines.
À travers cette mobilisation, le WASCAL apparaît plus que jamais comme une plateforme régionale incontournable, à la croisée des savoirs scientifiques, des décisions politiques et des aspirations des peuples.
SOW Telico
























