La bibliothèque américaine de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia (UGLC-S) a abrité, ce vendredi 22 mai, la cérémonie de remise de la 10ème édition du prix d’Excellence aux meilleures enseignantes-chercheuses, chercheuses et étudiantes de l’année académique 2024-2025. Cette initiative phare du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (MESRSI), portée par son service Genre et Équité, vise à briser les plafonds de verre et à célébrer le mérite scientifique au féminin.

Promouvoir l’égalité des chances et l’inclusion
Au-delà du cadre symbolique d’une simple distinction, cette cérémonie constitue un acte politique fort et un engagement moral pour promouvoir une société fondée sur la justice sociale et la valorisation du mérite. Pour les autorités universitaires, honorer ces femmes d’exception permet de reconnaître leurs performances individuelles au sein d’un processus global de transformation du système éducatif.

Le Professeur Daniel Lamah, recteur de l’UGLC de Sonfonia, a chaleureusement salué l’initiative : « Cette cérémonie met en lumière le talent, la persévérance, la rigueur et l’engagement de femmes et de jeunes filles qui contribuent chaque jour au rayonnement de notre système d’enseignement supérieur. Elle traduit la volonté de faire du genre et de l’équité un levier essentiel de transformation sociale et de développement durable. »

Le recteur a également profité de cette tribune pour plaider en faveur d’une diversification des critères d’excellence, demandant d’inclure activement les sciences humaines, sociales, juridiques, politiques, économiques, ainsi que les arts et les lettres, qui regorgent de talents indispensables au développement du pays.
Des acquis scientifiques alignés sur la vision « Simandou 2040 »
Selon la cheffe du service Genre et Équité du ministère, les progrès enregistrés ces dernières années (professionnalisation des filières, renforcement de la recherche, modernisation des infrastructures) s’alignent parfaitement avec les ambitions du mégaprojet national Simandou 2040. Toutefois, le défi de la représentativité reste de taille.

« Ces avancées ne sauraient être pleinement significatives sans l’intégration effective de la dimension genre et équité, car il ne peut y avoir de progrès durable sans justice sociale. Or, force est de constater que la présence des femmes dans les sciences demeure encore très faible »,a déploré Bintougbè Diakité.
Pour inverser cette tendance, la représentante du ministère a rappelé plusieurs acquis institutionnels majeurs :
Objectif 250 PhD : La mise en œuvre d’un programme de formation doctorale destiné à accompagner 250 femmes d’ici 2035 pour renforcer leur leadership.
Lutte contre les violences : Le déploiement de campagnes de sensibilisation contre le harcèlement en milieu universitaire.
Lancement d’un numéro vert : Un outil d’alerte opérationnel pour libérer la parole et instaurer une culture de tolérance zéro face aux discriminations.

Un impact tangible sur les carrières professionnelles
Les retombées de ce prix d’Excellence sont mesurables et concrètes. Selon les enquêtes de suivi menées par le service Genre et Équité :
56,2 % des lauréates déclarent avoir connu une progression professionnelle directe après l’obtention du prix.
44,4 % d’entre elles ont vu leurs responsabilités d’encadrement s’accroître de manière significative.
Environ 31,3 % des répondantes n’ont cependant pas constaté de changement majeur, ce qui pousse le département à accentuer les efforts d’accompagnement avec l’appui des partenaires techniques et financiers.
Constatant le fossé qui subsiste parfois entre l’affirmation des principes d’égalité et leur application sur le terrain, la cheffe de Cabinet du ministère a insisté sur le rôle d’accélérateur de ce prix.
« Il y a urgence à renforcer l’accès des femmes aux sciences, aux technologies, à l’innovation et aux métiers d’avenir. Cela passe par des politiques publiques ambitieuses et la valorisation des modèles de réussite féminine », a affirmé la Professeure Fanta Touré.
La voix des récipiendaires : un message de résilience
Porte-parole des lauréates de cette 10ème édition, Adèle Dramou a exprimé sa gratitude et rappelé la portée collective de cette distinction.

« Ce prix symbolise avant tout la solidarité entre femmes qui se soutiennent pour briser les barrières et réussir dans des environnements parfois très difficiles. Chaque étape vers l’excellence a été marquée par des défis et des sacrifices, mais ces obstacles nous ont rendues plus fortes et plus déterminées à ouvrir la voie pour celles qui viendront après nous », a-t-elle déclaré avec émotion.

La cérémonie s’est clôturée dans une atmosphère de fierté partagée, s’affirmant comme une source d’inspiration pour toutes les jeunes filles de Guinée désireuses de poursuivre de hautes ambitions académiques et scientifiques.
Kadiatou Diallo, pour Educationactu.com











