Le Premier ministre guinéen a franchi une étape charnière dans la stratégie nationale de qualification des jeunes. Ce samedi 18 avril 2026, Amadou Oury Bah a posé la première pierre des Écoles Régionales des Arts et Métiers (ERAM) de Kindia et de Mamou, marquant la transition d’un cycle de construction vers une ère de haute performance pédagogique.
De la promesse à la concrétisation : le tournant de Kindia
Le déplacement du chef du gouvernement en Basse-Guinée symbolise la maturité d’un programme d’envergure nationale. Pour Amadou Oury Bah, la pose de ces premières pierres n’est plus un simple protocole, mais l’acte de naissance d’un système éducatif tourné vers le concret.
« Nous ne sommes plus dans la promesse, mais dans la concrétisation d’un processus arrivé à maturité »,a martelé le Premier ministre, précisant que la priorité absolue se déplace désormais vers le renforcement des contenus et la rigueur du recrutement.
Le capital humain, moteur souverain du développement
Dans une nation où la jeunesse représente 80 % de la population, l’enjeu dépasse le cadre scolaire pour devenir un impératif économique. Le chef du gouvernement a exposé sa vision de l’éducation comme un levier de production :
Qualification directe : Adapter les métiers aux réalités du marché pour une employabilité immédiate.
Excellence technique : Développer des écoles d’ingénieurs et intensifier les partenariats internationaux.
Confiance nationale : Démontrer que la formation de standard mondial est désormais accessible sur le sol guinéen.
La vision du ministre Alpha Bacar Barry : l’école du concret
Lors de son intervention, le ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, Alpha Bacar Barry, a souligné que cette initiative s’insère dans une transformation globale du système éducatif. Conscient du défi lié au manque d’attractivité de la filière technique auprès de la jeunesse, il a plaidé pour un changement de paradigme.
« L’école doit jouer un rôle central dans l’intégration socio-économique des apprenants », a-t-il affirmé.
Le ministre a insisté sur la nécessité de créer des parcours plus professionnalisants et de renforcer les passerelles entre l’enseignement général et technique. L’enjeu est de fluidifier les trajectoires scolaires pour garantir une meilleure insertion sur le marché de l’emploi.
Quel impact pour demain ?
Avec l’intégration de Kindia et Mamou au réseau des ERAM, la Guinée se dote d’un appareil de formation robuste. Le succès de cette politique se mesurera, dans les années à venir, par l’amélioration concrète de l’employabilité des jeunes et par la capacité du pays à répondre de manière autonome aux besoins des secteurs économiques stratégiques.
Une réponse structurelle à la migration irrégulière
Au-delà de l’apprentissage technique, le déploiement des ERAM dans les régions s’inscrit dans une stratégie de rétention des talents. En offrant des perspectives sérieuses de carrière à Kindia et Mamou, le gouvernement entend proposer une alternative solide à l’exil.
Pour Amadou Oury Bah, ces infrastructures sont des « boucliers » contre la migration irrégulière, transformant le désespoir potentiel en une force de travail qualifiée et épanouie sur son propre territoire.
Cap sur la rentrée des compétences
L’ambition des autorités est claire : faire de la Guinée un hub de compétences techniques. Avec le lancement simultané de ces deux chantiers, le gouvernement pose les jalons d’un système inclusif où chaque jeune, quel que soit son origine géographique, peut prétendre à un métier d’avenir et contribuer activement à la transformation économique du pays.
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