Depuis le 23 décembre dernier, un vent de renouveau souffle sur les campus de la République. Sous l’impulsion du ministre Alpha Bacar BARRY, l’enseignement supérieur guinéen entame une mutation structurelle profonde. Pour le Docteur Hamidou BAH, Directeur de l’école doctorale de l’Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire (ISAV) de Faranah, ce texte n’est pas une simple formalité administrative : c’est l’acte de naissance d’une université guinéenne décomplexée et compétitive.
L’excellence comme boussole : La fin de l’approximation
L’un des piliers majeurs de cette réforme est la fin du « flou artistique » entourant la délivrance des diplômes de haut niveau. Le Docteur BAH souligne avec force l’instauration de protocoles d’évaluation d’une exigence inédite.
« Ce texte vient éclairer toute l’opinion sur le processus d’évaluation des thèses. Avec l’introduction des curateurs, nous instaurons un sérieux qui ne dit pas son nom », affirme le Maître de conférences. En créant des comités de programme et un Conseil National des Écoles Doctorales, le ministère érige des remparts contre la complaisance. L’ambition est claire : qu’un doctorat soutenu à Conakry ou Faranah bénéficie de la même reconnaissance internationale qu’un titre obtenu à Paris ou Montréal.
ISAV de Faranah : La métamorphose d’un géant de la recherche
Pour l’Institut Valéry Giscard d’ESTAING de Faranah, les retombées sont spectaculaires. Sous la houlette du Docteur BAH, l’école doctorale change d’échelle en devenant un pôle pluridisciplinaire stratégique. L’offre de recherche se décline désormais autour de trois piliers majeurs :
- Les Sciences agronomiques ;
- Les Sciences agro-industrielles ;
- Les Sciences animales.
« Mon école doctorale passe d’un seul « A » à trois « A » », se réjouit le Docteur Hamidou BAH. Cette extension permet désormais à l’institution de former les experts qui porteront les défis de l’autosuffisance alimentaire et de l’industrialisation de la Guinée.
Le nerf de la guerre : L’autonomie financière pour briser les chaînes
L’innovation la plus attendue reste sans conteste l’indépendance de gestion octroyée aux cinq écoles doctorales du pays. Longtemps bridées par une bureaucratie pesante, ces institutions disposent enfin de budgets propres.
Pour le Directeur de l’école doctorale de l’ISAV, c’est une libération : « L’autonomie financière, exécutée dans les normes, va permettre aux écoles doctorales de sortir de l’ornière. On ne peut former de bons chercheurs sans structures solides et indépendantes. »
Un laboratoire de solutions pour le développement national
Au-delà du prestige académique, cette réforme est un pari sur l’avenir. En connectant la recherche aux réalités du terrain, la Guinée se dote d’un outil capable de générer des solutions concrètes aux défis locaux. Le cap est désormais fixé : une formation de qualité, une recherche d’élite et une compétitivité affirmée sur l’échiquier mondial. La révolution doctorale est en marche, et elle porte en elle les germes de la souveraineté scientifique du pays.


























