Alors que la FSPE et le SNE crient à la mauvaise foi de l’État, le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) joue la carte de la tempérance. Par la voix de son porte-parole, Mohamed BANGOURA, dit « Roméo », l’organisation défend les acquis des dernières négociations et renvoie ses détracteurs à leur « agitation ». Plongée au cœur d’une fracture syndicale qui redessine le dialogue social.
Un report technique plutôt qu’un blocage
Contrairement à la lecture pessimiste de ses pairs, le SLECG ne voit pas dans le renvoi des discussions à janvier 2026 une manœuvre dilatoire. Selon Mohamed BANGOURA, ce délai est une nécessité stratégique sollicitée pour permettre au ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire d’affiner sa « cartographie ».
« L’objectif est de permettre au budget de comprendre le fonctionnement réel des directions communales (DCE) pour attribuer correctement les primes de fonction », explique-t-il. Pour le syndicat, la précision technique prime ici sur l’urgence de la contestation.
Contractuels et statut particulier : Le pragmatisme du SLECG
Sur le dossier brûlant des enseignants contractuels écartés en 2024, le SLECG revendique une victoire diplomatique. Là où le gouvernement jugeait le dossier clos, le syndicat affirme avoir obtenu un principe de réintégration par voie de concours « facilité ».
Mais le véritable cheval de bataille de « Roméo » reste le Statut Particulier de l’Éducation, un texte en jachère depuis 19 ans.
« Ce que la FSPE et le SNE ignorent, c’est que ce statut comporte 35 primes spécifiques à la fonction enseignante », martèle le porte-parole, rappelant que seul un décret présidentiel garantira une amélioration durable, loin des « primes transversales » jugées insuffisantes.
Guerre des chefs : Le SLECG rend les coups
L’entretien a également été l’occasion d’un règlement de comptes intersyndical. Mohamed BANGOURA n’a pas ménagé Michel Pépé BALAMOU (SNE), accusant son organisation d’avoir été créée en 2018 avec l’unique dessein d’affaiblir le SLECG.
« Ce tandem [FSPE-SNE] ne nous ébranle pas. Nous ne sommes pas des moutons de Panurge », a-t-il lancé, défendant la légitimité de ses leaders, Kadiatou Bah et Aboubacar Soumah. Face aux critiques sur la gestion des primes (craie, préparation, documentation), il oppose une méthode de négociation alignée sur les standards internationaux de la CSI.
Les acquis mis en avant par le syndicat
| Type de Prime | Montant revendiqué par le SLECG |
| Prime hors statut | 1 975 000 GNF |
| Documentation | 1 200 000 GNF (contre 300 000 GNF) |
| Préparation | 400 000 GNF |
| Prime de craie | 375 000 GNF |
L’œil du reporter : En choisissant la voie de la « négociation constructive », le SLECG s’isole de la base la plus radicale mais se positionne comme l’interlocuteur privilégié du palais. Le rendez-vous de janvier 2026 sera le test de vérité : soit une avancée historique avec le nouveau statut, soit un désaveu cinglant pour la ligne « Roméo ».
SOW Telico,pour Educationactu.com

























