La Professeure Oumou Younoussa BAH-SOW, Présidente du Collège de la Santé de l’Académie des Sciences de Guinée (ASG) et pionnière de la lutte contre le VIH/SIDA, retrace avec émotion les débuts tragiques de l’épidémie dans notre pays. Devant Enseignants, Étudiants Scientifiques, membres de l’Académie Titulaires Correspondants et Partenaires, elle appelle à intensifier les efforts face à la baisse de l’aide internationale en 2025, en mobilisant Science locale et communautés.
Les premiers jours : un choc sous le poids de la stigmatisation
« Monsieur le Ministre de la Santé, Mesdames et Messieurs les partenaires… Permettez-moi de m’adresser à vous en tant que pionnière de la lutte contre le VIH/SIDA en Guinée », lance la Professeure Oumou Younoussa BAH-SOW. En 1986, elle reçoit le premier cas : un Guinéen rentrant de Zambie via Bamako, diagnostiqué à Kankan. Le ministre de l’époque, feu Pr Pathé DIALLO, lui confie le patient.
Cachectique, diarrhéique, rongé par une candidose buccale, il décède en quelques jours malgré les maigres moyens disponibles. Bientôt, d’autres cas affluent des pays voisins, puis autochtones. La stigmatisation est féroce : un patient témoigne anonymement, mais ses amis l’insultent et menacent de le lyncher.
Du verdict de mort à la trithérapie : un chemin fabuleux
Les premiers antirétroviraux arrivent, réservés aux pays riches. En Guinée, l’accès via ONG reste sporadique, et la maladie progresse inexorablement. « Je mesure le fabuleux chemin parcouru », confie-t-elle. Aujourd’hui, les patients sous trithérapie mènent une vie normale, la mortalité chutant mondialement – comme l’expliquera le Pr Abdoulaye TOURE sur l’épidémiologie actuelle.
« Je suis heureuse d’avoir vécu cette histoire, dont le visage a totalement changé grâce aux scientifiques, à la communauté internationale, à nos autorités et communautés locales. »
Un combat inachevé : face à la baisse des aides en 2025
« La lutte est loin d’être achevée ! » alerte la professeure. OMS et ONUSIDA guident, mais la réduction annoncée de l’aide internationale en 2025 impose de mobiliser les moyens nationaux. Cette journée scientifique de l’ASG en témoigne : scientifiques guinéens de haut vol, institutions équipées, et deux académiciens primés du prestigieux Christophe Mérieux pour leurs recherches locales.
« Il faut que d’autres prix suivent », lance-t-elle, fière.
L’Académie des Sciences de Guinée en première ligne
L’ASG, sous la Présidence du Pr Mamadou Aliou BALDE, promeut Recherche, Innovation et Politiques basées sur des preuves. Le VIH est un terrain prioritaire : les communications de cette journée en couvrent tous les aspects, renforçant les capacités nationales pour poursuivre le combat.
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