Ce vendredi 10 octobre 2025, l’Université Nongo Conakry (UNC) a été le théâtre d’une grande cérémonie d’hommage au Docteur Mamadou Bobo SOW, son ancien Recteur, décédé la veille après une courte maladie. Enseignants, Étudiants, autorités Universitaires et membres du Gouvernement se sont rassemblés pour saluer la mémoire d’un homme unanimement respecté.
Un symposium a été organisé en sa mémoire, réunissant de nombreuses personnalités du monde académique parmi lesquelles le ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, Alpha Bacar BARRY, l’ancien Premier Ministre Ahmed Tidjane SOUARE, ainsi que le fondateur de l’Université Nongo Conakry, Mamadou Cellou SOUARE.
« Un homme d’action, un bâtisseur de l’enseignement supérieur guinéen »
Dans son allocution, Mamadou Cellou SOUARE, Fondateur de l’UNC, a salué la mémoire d’un homme « d’une loyauté, d’une compétence et d’un humanisme rares ». « Sa disparition nous plonge dans une tristesse réelle, mais elle ne doit pas nous réduire au silence. Au contraire, nous sommes ici pour célébrer son œuvre, sa vie, sa vision et son humanisme », a-t-il déclaré, visiblement ému.
Rappelant son impressionnant parcours académique, le fondateur a retracé la vie du défunt : diplômé de l’Institut Polytechnique de Conakry, docteur en sciences physico-mathématiques de l’Université d’État de Rostov-sur-le-Don (URSS), Docteur SOW a consacré plus de quatre décennies à l’enseignement supérieur guinéen.
Professeur, chef de département, conseiller au ministère de l’Enseignement supérieur, président du comité national de passage au système LMD… le parcours du défunt force le respect. « Il n’a pas seulement dirigé l’université, il l’a incarnée », a insisté M. SOUARE. « Son autorité venait de l’exemple, sa rigueur n’était jamais dureté, mais droiture. Son intelligence n’écrasait personne, elle éclairait. »
L’Université Nongo Conakry a d’ailleurs annoncé que sa nouvelle bibliothèque portera désormais son nom : Bibliothèque Docteur Mamadou Bobo SOW.
Une fille éplorée, mais fière
Au nom de la famille du défunt, Aïssatou SOW, fille du Docteur SOW, a livré un témoignage bouleversant, empreint d’amour, de reconnaissance et de dignité. « Perdre un père est difficile, mais devant la volonté du Tout-Puissant, nous n’avons qu’à accepter », a-t-elle confié, la voix tremblante.
Elle a salué la mémoire d’un père exceptionnel, « à la fois guide, conseiller et ami ». « Mon père n’a pas seulement été un enseignant pour ses étudiants, il a été un père pour beaucoup d’entre eux », a-t-elle rappelé, évoquant les nombreux témoignages reçus depuis l’annonce de sa disparition.
Avec émotion, elle a également évoqué la promesse faite à son père :« Je te promets, papa, que nous allons réussir, que nous allons te rendre fier, comme tu nous rends fiers aujourd’hui. »
Aïssatou SOW a remercié les autorités, les collègues et les étudiants pour les hommages rendus, tout en demandant pardon à tous ceux que son père aurait pu blesser « par inadvertance ». « Le pardon était sa force. L’humilité et le respect, ses plus grandes leçons. »
Le témoignage du Ministre Alpha Bacar BARRY
Présent à la cérémonie, le ministre de l’Enseignement supérieur, Alpha Bacar BARRY, a exprimé sa profonde tristesse face à la disparition d’un homme qu’il considérait comme une référence morale et intellectuelle.
« Ce symposium n’aurait pas dû avoir lieu si tôt. Nous avions encore besoin du Dr Bobo », a-t-il regretté, rappelant qu’il devait animer une formation pour les recteurs quelques jours auparavant. Le ministre a salué un scientifique rigoureux, un enseignant passionné et un défenseur infatigable des sciences.
« Ses échanges m’ont inspiré et guidé dans plusieurs de mes décisions. Il faisait partie de ces pionniers précoces qui ont tout donné à la science et à la République. »
Avant de conclure, il a invité la famille du défunt à « être fière » de ce parcours exemplaire :« À 78 ans, après tant d’années de service, être honoré ainsi est une bénédiction. Nous souhaitons tous une telle fin, marquée par le respect, la foi et la reconnaissance. »
Une vie au service de la science et de la République
L’ancien Premier ministre Ahmed Tidjane SOUARE a, à son tour, pris la parole pour rappeler l’importance du legs laissé par le Docteur SOW : « Toute sa vie, il a été au service de la science, de la formation et de la République. De Faranah à Conakry, en passant par l’Union soviétique, il est resté fidèle à son éthique et à ses valeurs.
AT SOUARE a salué « un homme humble, silencieux mais efficace », dont l’engagement a profondément marqué plusieurs générations d’étudiants et de chercheurs. « Son œuvre appartient désormais à l’histoire de l’enseignement supérieur guinéen », a-t-il conclu.
Un héritage durable
L’émotion était palpable tout au long de la cérémonie. Les visages étaient graves, mais les hommages vibrants. Tous les intervenants ont souligné le même message : le Docteur Mamadou Bobo SOW ne quitte pas seulement une université, il laisse un héritage : celui d’un homme de science, de foi, d’humilité et de service public.
« Son nom restera à jamais lié à l’histoire de l’Université Nongo Conakry et de l’enseignement supérieur guinéen », a affirmé le Fondateur Mamadou Cellou SOUARE. Le Docteur SOW laisse derrière lui une génération de cadres, d’intellectuels et d’étudiants qu’il a inspirés et formés.
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