Dans le cadre du Programme national de recensement, de documentation et de numérisation du patrimoine culturel de la République de Guinée, des équipes de recherche ont été déployées dans les centres de documentation, les services d’archives et les universités, en Guinée et à l’étranger. Porté par le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat et mis en œuvre par le CIRD, ce déploiement fait suite à une formation consacrée à la revue de la littérature et à la recherche documentaire. À Conakry, l’équipe a commencé ses travaux à la Bibliothèque nationale de Guinée .

L’équipe de Conakry mène actuellement ses investigations à la Bibliothèque nationale de Guinée. Selon les responsables du programme, cette première étape doit permettre d’identifier, de recenser et d’analyser les sources documentaires relatives au patrimoine culturel guinéen, afin de constituer une base scientifique pour les prochaines phases.
Une revue de la littérature avant le terrain
Le Dr Baldé Ismailou, Directeur général de l’Institut de recherche sur le patrimoine en linguistique appliquée (IRPLA) et point focal du projet pour le ministère, explique que les membres des comités techniques se sont concertés avant la campagne de recensement et ont décidé de former des étudiants.
« En prélude à cette grande campagne de recensement, les membres des comités techniques se sont concertés et nous avons pris l’initiative de former les étudiants. Un travail de revue de la littérature a été amorcé pour évaluer l’existant sur les différents types de patrimoine avant d’aller sur le terrain. Il s’agissait d’abord de réunir les candidats à ce travail de recherche documentaire afin de cerner leurs idées et d’harmoniser la méthodologie », a-t-il indiqué.
Il a précisé le contenu de la formation : « Nous avons tenu une session pour leur fixer les directives et leur apprendre à collecter les informations, qu’il s’agisse d’ouvrages ou d’articles, en bibliothèque ou en ligne, permettant de cartographier la recherche déjà menée sur le patrimoine. L’intérêt de ce programme est de savoir quels domaines ont été amplement étudiés, lesquels l’ont été faiblement, et lesquels restent totalement inexplorés. Cela oriente directement nos pistes pour programmer l’inventaire. »
Selon le Dr Baldé, ce travail doit permettre « non seulement de réaliser un inventaire de qualité, mais aussi d’outiller durablement ces jeunes chercheurs pour leurs travaux futurs ».
Un programme présenté comme stratégique
Le Directeur national de la Culture et du Patrimoine historique, Aboubacar Sidiki Condé, a qualifié le programme d’« initiative majeure », destinée à identifier l’essentiel des éléments et des biens du patrimoine national afin d’en faire un levier de développement.

Pour le Directeur de la Bibliothèque nationale de la République de Guinée, Daouda Tamsir Niane, l’heure est à l’inventaire complet : « Il est temps de faire un recensement exhaustif de ce qui existe. Ceci nous permettra d’aller vers la valorisation, qui consiste à utiliser les technologies d’aujourd’hui pour conserver et transmettre ce patrimoine aux générations futures. Je pense particulièrement à la numérisation. »
D’après les responsables, la démarche vise à rationaliser les ressources et à éviter les redondances dans la collecte de données de terrain, en comblant les angles morts de la recherche actuelle. Elle doit aussi servir de tremplin aux jeunes chercheurs, masterants et doctorants impliqués, en renforçant leurs compétences méthodologiques.
Reste à connaître le calendrier des prochaines phases, le nombre de chercheurs mobilisés, les pays et institutions visités à l’étranger, ainsi que le financement et les modalités d’accès aux futures bases numérisées .
SOW Telico, pour Educationactu.com

















