La Guinée s’est particulièrement distinguée lors de la 26ᵉ édition des Journées scientifiques de la Société Ouest-Africaine de Chimie (SOACHIM), qui s’est tenue du 11 au 14 août 2026 à l’Université de Lomé, au Togo. Conduite par le Dr Amadou Sadio Diallo, la délégation guinéenne a marqué les esprits par la qualité de ses travaux, avec en point d’orgue le sacre de la jeune chercheuse Mariam Tréou. Une performance qui confirme le potentiel de la relève scientifique nationale, tout en remettant au premier plan l’urgence d’un accompagnement financier et institutionnel accru pour le secteur.
Placées sous le thème « La chimie face aux enjeux de l’économie bleue, de l’énergie et de la sécurité sanitaire et alimentaire dans un contexte de développement durable en Afrique », ces journées ont réuni pendant quatre jours des enseignants-chercheurs, doctorants, industriels et décideurs venus de toute la sous-région. La Guinée y était représentée par une délégation de 15 participants emmenée par le Dr Amadou Sadio Diallo, chef du département de Biologie à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC), président de la section guinéenne de la SOACHIM et vice-président international de l’organisation. Au total, la délégation a présenté 20 communications scientifiques, en présentiel et en ligne, témoignant du dynamisme et de la volonté des scientifiques guinéens de s’imposer dans les grands rendez-vous académiques régionaux.
Le temps fort de cette participation reste la prestation remarquée de Mariam Tréou. Titulaire d’un master, la jeune chercheuse a séduit le jury et décroché le Prix de la meilleure communication féminine face à un auditoire exigeant composé de professeurs titulaires et de chercheurs chevronnés. Son succès constitue un signal fort pour la jeunesse guinéenne et démontre la haute valeur de la relève scientifique nationale lorsqu’elle bénéficie d’espaces de visibilité. L’événement a également été marqué par l’introduction d’un nouveau format de présentation en 180 secondes et par l’élection du Professeur Gnon Baba à la tête de la SOACHIM lors de l’Assemblée générale de clôture du 14 août.
Pourtant, derrière ces succès éclatants, la question des moyens alloués à la recherche en Guinée demeure posée. Alors que des pays voisins comme la Côte d’Ivoire ont pu mobiliser plus d’une centaine de participants grâce à un fort soutien étatique, la Guinée continue de pâtir d’un manque de financements pérennes. À l’issue des travaux de Lomé, les acteurs scientifiques lancent un appel pressant au ministère de l’Enseignement supérieur, à la Primature et au secteur privé pour amplifier leur accompagnement. L’enjeu est désormais de transformer ces coups d’éclat individuels en une dynamique structurelle durable, capable d’offrir aux talents guinéens les ressources nécessaires pour rayonner à l’international et mettre la science au service du développement national.
SOW Telico, pour Educationactu.com










