Enseignant à l’école primaire de Hakkou Thiandhi, Mamadou Moussa Diallo affirme avoir été radié de la fonction publique après s’être rendu à Dakar pour faire soigner son fils de 14 ans, atteint d’une grave maladie. Sans salaire depuis avril 2026, criblé de dettes, il lance un appel désespéré aux autorités pour être réintégré dans ses fonctions, alors que son enfant, désormais incapable de marcher, attend toujours une intervention chirurgicale.
Un calvaire médical commencé fin 2024
Selon le récit de l’enseignant, tout a débuté en novembre 2024, lorsque son fils s’est mis à ressentir de fortes douleurs aux hanches. Les symptômes s’étaient alors estompés au bout de quelques mois.
Une chute survenue en mars 2025, du haut d’un manguier, a marqué un tournant. L’adolescent a ensuite développé des douleurs dorsales et thoraciques, suivies d’une perte progressive de la marche ainsi que de rétentions urinaire et fécale.
De Labé à Dakar, un parcours de soins semé d’obstacles
D’hôpital en hôpital de Labé à Conakry, en passant par Donka et l’hôpital du camp Samory Touré l’état de l’enfant n’a cessé de se dégrader. Les médecins guinéens ont fini par recommander une évacuation vers la Tunisie.
Faute de moyens financiers, la famille a été réorientée vers le Sénégal. L’adolescent y a été hospitalisé de novembre 2025 à avril 2026, où il a notamment suivi un traitement de chimiothérapie.
« C’est à partir de là que j’ai constaté le blocage de mon salaire. Et là, je ne pouvais plus résister face aux frais de traitement », confie Mamadou Moussa Diallo.
Un salaire bloqué, puis une radiation
Contraint par manque de ressources de ramener son fils en Guinée avant l’intervention chirurgicale nécessaire, l’enseignant affirme avoir vu sa situation professionnelle basculer.
Avant son départ pour Dakar, il dit pourtant avoir adressé une demande d’autorisation d’absence à sa hiérarchie, via la Direction des Services de l’Éducation à Tata (DSEE). Mais cette demande, selon lui, ne serait jamais parvenue aux échelons supérieurs.
Résultat : son salaire a été suspendu, avant que sa radiation des effectifs de la fonction publique ne soit prononcée.
Des démarches restées sans issue
Depuis, Mamadou Moussa Diallo dit multiplier les démarches administratives. Passage par la DPE, transfert de dossiers vers Conakry, sollicitation directe du ministère de la Fonction publique : les efforts se seraient heurtés à des lenteurs persistantes.
Après son licenciement, un nouveau dossier lui aurait été réclamé, incluant les pièces médicales de son fils. Depuis, il dit être toujours en attente, sans salaire depuis avril 2026.
Une famille au bord du gouffre
Père de six enfants et marié à deux épouses, l’enseignant affirme survivre aujourd’hui grâce à la solidarité de proches et de personnes de bonne volonté. Il dit avoir accumulé de nombreuses dettes et revendu une partie de ses biens pour faire face aux soins de son fils et aux besoins de sa famille.
« L’enfant est là, il souffre. Il ne peut pas marcher, ni s’arrêter, et il passe toute la nuit à pleurer », déplore-t-il.
Un appel pressant aux autorités
Mamadou Moussa Diallo en appelle directement au gouvernement, et plus particulièrement aux ministères de la Fonction publique et de l’Éducation nationale, pour être rétabli dans ses fonctions d’enseignant.
« Je demande humblement au gouvernement (…) de me venir en aide en me rétablissant dans mes fonctions d’enseignant pour ne pas voir mon enfant mourir par faute de soin et ma famille souffrir », a-t-il sollicité, appelant également les bonnes volontés à se mobiliser pour les soins de son fils.











