À Kindia, la rentrée universitaire s’ouvre sur une réalité particulièrement difficile pour les nouveaux étudiants : une crise de logement frappe de plein fouet la cité universitaire. Trouver une chambre relève désormais du parcours du combattant, tandis que les loyers flambent, oscillant entre 150 000 et 250 000 GNF par mois.
Chaque année, la demande explose, mais l’offre reste dérisoire. Dans les cités privées de Foulayah, autrefois accessibles, la rareté des chambres pousse les propriétaires à revoir leurs prix à la hausse, au grand désarroi des étudiants.
« C’est une situation vraiment anormale. Nous connaissons le nombre d’étudiants orientés et celui des chambres disponibles. Aujourd’hui, les étudiants sont beaucoup plus nombreux que les logements existants. Ce déséquilibre crée une pénurie totale », déplore Pierre GOUMOU, gérant de la cité du 2 Octobre.
« Le loyer est devenu excessivement cher et chaque année, les bailleurs augmentent les prix », ajoute-t-il.
Au-delà de la question du logement, cette flambée des loyers pèse lourdement sur la vie quotidienne des étudiants. Les familles, déjà fragilisées économiquement, peinent à soutenir leurs enfants. « Les parents se sacrifient pour envoyer un peu d’argent, mais cet argent est aussitôt absorbé par le loyer. Résultat : les étudiants n’ont plus de quoi se nourrir les mois suivants. Quand on a le ventre vide, on ne peut pas bien étudier », regrette Pierre GOUMOU, visiblement inquiet des conséquences sur la réussite académique.
Face à ces difficultés, de nombreux étudiants sont contraints de recourir à des activités de survie, comme le taxi-moto ou le petit commerce, au détriment de leurs études.
Le gérant appelle le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation à agir sans délai : « Avant d’orienter des étudiants dans une ville, le Ministère devrait s’assurer de la disponibilité d’infrastructures adaptées. Il faut construire des cités universitaires publiques pour éviter ces situations. »
Cette crise du logement étudiant à Kindia met en lumière un défi structurel majeur : l’absence d’une politique nationale d’hébergement universitaire. Si aucune solution durable n’est envisagée rapidement, c’est toute une génération d’étudiants qui risque de voir son avenir compromis.

























