Alors que le Ministère de l’Enseignement Supérieur s’emmure dans un silence prudent face aux critiques venues de Dakar, le principal syndicat du secteur en Guinée monte au créneau. Pour le SNAESURS, l’arrivée d’enseignants-chercheurs sénégalais n’est pas un aveu de faiblesse, mais une nécessité stratégique qu’il convient d’encadrer par le droit.
Un soutien pragmatique sous conditions
Face à la polémique qui enfle de l’autre côté de la frontière, le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNAESURS) a choisi la carte du pragmatisme. Interrogé ce jeudi 8 janvier 2026 par Africaguinee.com, Mohamed SOUMAORO, secrétaire administratif du syndicat, a validé la démarche gouvernementale tout en posant des balises claires.
« L’acte en soi n’est pas mauvais », tempère-t-il d’emblée, précisant toutefois que ce soutien reste « sous réserve que les principes de l’accord signé en 2025 entre la Guinée et le Sénégal soient respectés ». Pour le syndicat, la priorité est de combler le déficit de personnel qualifié par l’expertise, d’où qu’elle vienne.
Le spectre de la rivalité Conakry-Dakar
Au-delà de l’aspect purement académique, le SNAESURS voit dans cette levée de boucliers sénégalaise les traces d’une vieille concurrence régionale. Selon Mohamed SOUMAORO, cette tension est révélatrice d’une psychologie diplomatique profonde entre les deux voisins.
« Historiquement, ce sont deux pays qui rivalisent d’ardeur. L’un ne veut pas être dépassé par l’autre », analyse le syndicaliste. Pour lui, le ministère guinéen est dans son bon droit et agit selon une « dynamique sociale » naturelle, balayant ainsi les critiques qui jugent ce recrutement comme une offense à la souveraineté ou à la compétence locale.
L’enseignement supérieur à l’heure du « village planétaire »
Pour clore le débat, le leader syndical a tenu à rappeler que la mobilité des cerveaux est une tradition guinéenne qui remonte à la Première République. Si la Guinée a longtemps exporté ses cadres vers le Gabon ou le Mozambique sous l’ère Sékou TOURE, elle se retrouve aujourd’hui dans une posture de demandeuse, un simple cycle de l’histoire.
« On ne peut plus évoluer en vase clos », martèle Mohamed SOUMAORO, invoquant le concept de village planétaire. Pour le SNAESURS, le dossier est désormais clos : la balle est dans le camp des universitaires sénégalais qui, en toute souveraineté, choisiront de répondre ou non à l’appel de Conakry.
Educationactu.com
Note du journaliste : Ce texte met en lumière un basculement intéressant : le syndicat, habituellement en confrontation avec le ministère, se positionne ici comme un allié stratégique pour défendre la modernisation de l’université guinéenne.

























