De N’Zérékoré à Labé, le projet AMIS déploie une étude majeure pour comprendre pourquoi la jeunesse guinéenne choisit l’exil au péril de sa vie. Entre chiffres « qui font froid dans le dos » et solutions locales, le Centre d’Innovation et de Recherche pour le Développement (CIRD) livre ses premières conclusions de terrain pour transformer la politique migratoire du pays.
Un diagnostic scientifique pour une urgence humaine
Sous l’impulsion de l’Union européenne, en tandem avec Expertise France et Enabel, le projet AMIS (Accompagnement, Mobilité, Insertion & Sensibilisation) passe à la vitesse supérieure. Le CIRD mène actuellement une immersion totale dans 10 localités stratégiques pour identifier les leviers socioculturels du départ.
Les 3 piliers de l’action :
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Réintégrer : Faciliter le retour et l’ancrage des migrants chez eux.
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Prévenir : Casser les réseaux de traite et les risques de l’irrégularité.
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Sécuriser : Promouvoir des voies de mobilité légales et ordonnées.
N’Zérékoré et Labé : Le cri du terrain
L’étude ne reste pas dans les bureaux. Les récents ateliers de restitution ont mis en lumière une réalité brute :
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À N’Zérékoré : 69 témoignages poignants ont été passés au crible devant les autorités et la société civile pour décortiquer les parcours de survie.
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À Labé : Une conférence citoyenne a rappelé l’ampleur du défi. Entre 2015 et 2017, ce sont près de 38 000 Guinéens qui ont pris la route.
« Quand on parle de chiffres, cela fait froid dans le dos. » Ousmane TOUNKARA, écrivain et spécialiste de la question migratoire.
Au-delà du constat : Quelles alternatives à l’exil ?

Les experts du CIRD, dont l’enseignant-chercheur Mamadou Aliou Bente DIALLO, sont formels : la sensibilisation ne suffit plus. La réponse doit être structurelle et économique.
L’enjeu est désormais clair : Transformer la compréhension fine de ces récits de vie en une stratégie nationale capable d’offrir un avenir concret à la jeunesse, ici, en Guinée.
SOW Telico, pour Educationactu.com


























