La grève générale déclenchée par les enseignants guinéens continue de bouleverser le système éducatif, et la ville carrefour de Mamou n’y échappe pas. Ce lundi, le mot d’ordre a été scrupuleusement respecté dans la quasi-totalité des établissements publics comme privés, laissant salles de classe désertes, cours suspendus et élèves livrés à eux-mêmes.
Du primaire Elhadj Boubacar Biro DIALLO au lycée collège Elhadj Aboubacar DOUKOURE, en passant par le lycée CABRAL, Grand Ducal et plusieurs écoles privées dont le groupe scolaire Les Élites, le constat est le même : des cours interrompus et des élèves, parfois présents depuis 7 heures du matin, contraints d’attendre en vain un Professeur.
À l’école primaire Elhadj Boubacar Biro DIALLO, la cour était totalement vide. Les salles, hermétiquement fermées, n’accueillaient aucun enseignant. Seule la direction était ouverte, mais sans activité pédagogique.
Cette paralysie générale expose crûment la profondeur du malaise dans le secteur éducatif. Au-delà des revendications salariales, la grève révèle des conditions de travail jugées insoutenables par les enseignants, une reconnaissance insuffisante et un climat de frustration croissante.
Les élèves, eux, s’inquiètent pour leur avenir. Les candidats au baccalauréat en particulier redoutent une année compromise.
Djessatou CAMARA, élève en terminale au lycée Elhadj Aboubacar DOUKOURE, exprime sa colère :
« On vient à l’école et on ne trouve aucun professeur. On nous parle de grève alors que nous, nous voulons juste apprendre. On prépare le bac, on révise, mais nous avons besoin de nos enseignants pour être guidés. J’appelle l’État à favoriser les professeurs, à les payer correctement pour qu’ils assurent les cours. »
Même frustration chez Aliou DIALLO, élève dans le même établissement : « La majorité des professeurs ne sont pas venus. Certains sont partis avant 10h. Si nous faisons l’effort de venir, ceux qui sont présents doivent aussi faire l’effort de nous enseigner. J’appelle le gouvernement à trouver rapidement une solution durable pour que nous ne perdions pas notre année. »
Plus jeune mais tout aussi inquiet, Thierno Moussa BARRY, Élève de 7e Année, partage son désarroi :
« Je suis venu, j’ai trouvé mes amis dehors. Le proviseur nous a dit d’attendre en salle, mais personne n’est venu. Je rentre réviser mes cahiers en attendant que les enseignants et le gouvernement trouvent une solution. Nous sommes inquiets pour notre avenir. »
Le respect strict du mot d’ordre, aussi bien dans les écoles publiques que privées, illustre une rare unité au sein du corps enseignant. Cette solidarité montre la profondeur du malaise mais révèle aussi une gestion de crise délicate dans le secteur éducatif.
La grève ne se limite plus à des revendications professionnelles : elle met en lumière un problème structurel. Le système éducatif, déjà fragilisé, se heurte à la question cruciale de ses ressources humaines, de la motivation des enseignants et de la qualité de l’enseignement délivré aux enfants.
Cette crise appelle une réponse ferme et concertée. Les acteurs éducatifs, autorités locales et gouvernement doivent agir pour éviter un effondrement de l’année scolaire.
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