Sous l’impulsion du président de la transition, le général Mamadi DOUMBOUYA, la Guinée engage une refondation en profondeur de son système éducatif. Symbole de cette transformation : les Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE) de Dalaba, inaugurées le 5 juillet 2025. Adossées à la toute nouvelle Simandou Academy, elles incarnent l’ambition présidentielle de faire émerger une élite scientifique nationale, formée localement et alignée sur les besoins stratégiques du pays.µ
Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2021, le général DOUMBOUYA n’a cessé de marteler une conviction : le redressement de la Guinée passera par « la rupture par le mérite et la compétence ». En plaçant l’éducation au cœur du projet de refondation nationale, le chef de l’État entend transformer le pays en profondeur, non par des slogans, mais par la formation rigoureuse d’une jeunesse capable de porter le développement.
Un projet-pilote à vocation continentale
Situé à Sébhory, à une douzaine de kilomètres de Dalaba, le campus des CPGE s’étend sur 52 hectares. Doté d’équipements pédagogiques et scientifiques aux standards européens, il propose un cadre de vie moderne et structurant : laboratoires de pointe, centre de sciences de l’ingénieur, dortoirs, infirmerie, réfectoire, infrastructures sportives… L’objectif : offrir aux étudiants guinéens – et bientôt ouest-africains – les conditions optimales pour intégrer les écoles d’ingénieurs les plus prestigieuses du monde.
Centrale Supélec, Polytechnique, Mines-Ponts, ENS Paris-Saclay ou Lyon… autant de concours jusque-là hors de portée, que les CPGE de Dalaba ambitionnent désormais de rendre accessibles aux meilleurs profils guinéens. Pour cela, l’établissement mise sur un corps professoral internationalisé, des contenus harmonisés aux référentiels européens, et une pédagogie intensive fondée sur l’excellence.
Souveraineté académique, finalité stratégique
Au-delà de sa vocation académique, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large : faire de l’éducation un levier de souveraineté. Car, jusqu’ici, la formation des élites guinéennes dépendait largement de structures étrangères. Une dépendance que Mamadi DOUMBOUYA souhaite rompre. Les CPGE apparaissent ainsi comme la réponse présidentielle à une double urgence : autonomiser les parcours d’excellence et arrimer la formation aux priorités économiques et industrielles nationales.
En première ligne : la valorisation des ressources naturelles, la modernisation des infrastructures, et le développement d’une économie numérique souveraine. En ligne de mire : le projet minier de Simandou, l’un des plus vastes au monde, pour lequel la Guinée entend désormais négocier en position d’expertise, avec des compétences formées sur son propre sol.
Un pari sur la jeunesse
En lançant la Simandou Academy et les CPGE de Dalaba, le général DOUMBOUYA parie sur la jeunesse comme moteur de l’État stratège qu’il veut bâtir. « Il s’agit de former des ingénieurs, économistes, data scientists et urbanistes ancrés dans les réalités nationales, capables de porter les grands chantiers de demain », explique une source proche du projet.
Cette vision se veut résolument tournée vers l’avenir. À terme, le campus ambitionne d’accueillir des étudiants venus de toute l’Afrique de l’Ouest, positionnant la Guinée comme un pôle régional de formation d’élite. Une diplomatie du savoir, selon les termes employés à la présidence, destinée à renforcer le poids de Conakry dans l’architecture géopolitique et éducative du continent.
Une rupture assumée
L’inauguration du 5 juillet n’est pas qu’un événement académique. Elle marque la concrétisation d’une volonté présidentielle de rompre avec les logiques d’exil académique et de savoirs importés. C’est aussi, pour la Guinée, une prise de position dans la compétition mondiale pour les talents. Une façon de dire que le pays n’entend plus être à la périphérie, mais au cœur de la production de compétences et d’idées.
La création des CPGE de Dalaba n’est donc pas un simple projet éducatif : c’est un manifeste politique. Celui d’un État qui revendique sa souveraineté intellectuelle et qui, par la formation, choisit d’investir dans ce que l’Afrique possède de plus précieux : son capital humain.
Avec ce projet, la Guinée se donne les moyens d’inverser le cours de son histoire éducative. Et de démontrer que l’excellence peut et doit s’écrire aussi en lettres guinéennes.

























