Face à la pression démographique qui sature les campus, la Guinée fait le pari de l’innovation. Sous l’impulsion du Ministre Alpha Bacar BARRY, l’Institut Supérieur de Formation à Distance (ISFAD) pilote désormais le projet FEF, une initiative stratégique visant à généraliser l’enseignement hybride et à dématérialiser le parcours académique des étudiants.
Le numérique comme rempart contre l’engorgement
Le système universitaire guinéen est à un tournant. Sous la présidence du Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, M. Alpha Bacar BARRY, et en présence de M. Tall GAY, Attaché de coopération Universitaire de l’Ambassade de France en Guinée et en Sierra Léone, un atelier stratégique vient de confirmer le nouveau rôle de l’ISFAD. L’objectif est clair : transformer l’institution en un pivot de la formation moderne pour désengorger les amphithéâtres physiques.
« Le but est d’accélérer la transformation numérique des pratiques pour faciliter l’accès à l’éducation et augmenter la qualité de l’enseignement », a martelé Dre Oumou Salamata BARRY, Directrice Générale de l’ISFAD. Pour elle, le numérique n’est plus une option, mais une nécessité structurante.
Projet FEF : 300 millions de GNF pour l’hybridation des cours
Au cœur de cette mutation se trouve la Composante 3 du projet FEF (Fonds de solidarité pour les Projets Innovants). Dotée d’une enveloppe de 304 000 000 GNF, cette phase opérationnelle vise à briser le modèle classique du « tout présentiel ».
Le programme s’articule autour de trois axes majeurs :

- L’hybridation des enseignements pour absorber le flux croissant d’étudiants.
- La modernisation de l’ISFAD, qui devient le pôle de référence en ingénierie pédagogique.
- L’appui français, via le Service de Coopération et d’Action Culturelle, garantissant un alignement sur les standards internationaux.
Formation des formateurs : 20 jours d’immersion technique
La technologie n’est rien sans l’humain. Après la sensibilisation des chefs d’établissement, le projet entre dans une phase technique intense. Deux ateliers de dix jours seront consacrés exclusivement à la formation des enseignants-chercheurs.
« Les acteurs majeurs sont les enseignants, mais aussi les étudiants. Il faut que chacun s’investisse », a plaidé Dre Oumou Salamata BARRY, rappelant que la réussite de cette transition repose sur l’appropriation des outils par le corps professoral.
De Parcoursup à la bourse : une gestion 100% dématérialisée
La révolution ne s’arrête pas aux salles de cours. Selon le Dr Mamadou Saidou BAH, Directeur Général Adjoint de l’Innovation, c’est toute l’administration universitaire qui se digitalise pour plus de transparence :
- Parcoursup Guinée : Pour une orientation fluide et automatisée des bacheliers.
- Bourses numériques : Un système sécurisé pour simplifier la vie des étudiants.
- Carte unique de l’étudiant : Un outil d’identification sécurisé pour l’accès aux services.
Pludoc et don présidentiel : les outils de la performance
Pour soutenir cette vision, l’équipement matériel suit la stratégie politique. Le Dr Faya Pascal IFFONO, Directeur Général de l’ISAMK de Dubreka, a mis en avant deux leviers essentiels : la plateforme Pludoc, un portail documentaire scientifique de haut niveau, et le don présidentiel de 2 000 ordinateurs destinés aux enseignants-chercheurs.
Un enjeu de souveraineté nationale
En conclusion, le Ministère perçoit le numérique comme un véritable « levier de souveraineté ». En rendant le savoir accessible partout sur le territoire, la Guinée ne se contente pas de moderniser ses outils ; elle bâtit un système inclusif et compétitif, capable de former une jeunesse prête pour les défis du marché mondial de l’emploi.

















SOW Telico, pour Éducationactu.com

























