Il est le seul Guinéen à évoluer au sein de la King Abdullah University of Science and Technology (KAUST), une institution dotée de 26 milliards de dollars de fonds. Expert en nanotechnologies et microélectronique, Marwane Diallo incarne cette élite scientifique africaine qui participe à la mutation technologique du Golfe. Dans cet entretien, il lève le voile sur des opportunités de bourses royales souvent ignorées et livre un diagnostic sans complaisance sur la baisse du niveau éducatif en Guinée.
Un parcours d’excellence entre trois continents
Né à Lélouma et formé à Labé, Marwane DIALLO est le pur produit d’une ambition sans frontières. Son cursus est une odyssée académique : l’ingénierie en France, un passage par le Canada en génie électrique, puis une spécialisation en semi-conducteurs — ces composants vitaux pour nos satellites et smartphones.
Après avoir exercé en Belgique, il rejoint l’Arabie Saoudite en 2011. Depuis 15 ans, il travaille à la KAUST, classée première université du monde arabe. « L’objectif ici est de passer d’une économie de pétrole aux nouvelles technologies, en créant des brevets et des start-up qui rayonnent jusqu’au Mexique », explique-t-il.
Des bourses d’études prestigieuses méconnues des Guinéens
Le constat de Marwane DIALLO est frappant : il est actuellement le seul représentant de la Guinée dans ce temple de la recherche. Pourtant, les conditions offertes aux étudiants y sont sans équivalent mondial. À la KAUST, on ne paie pas pour étudier ; on est payé pour le faire.
- Master : Environ 20 000 dollars de bourse annuelle, logement et billets d’avion inclus.
- Doctorat (PhD) : Entre 40 000 et 45 000 dollars par an, avec des stages garantis dans des institutions comme Harvard ou Stanford.
« La barrière de la langue reste le principal obstacle », regrette l’ingénieur. Il exhorte les étudiants guinéens à dépasser les réseaux sociaux pour s’ouvrir à l’anglais et aux sciences dures, précisant que l’Arabie Saoudite ne se limite plus aux études théologiques, mais investit massivement dans l’informatique et les énergies renouvelables.
Le système éducatif guinéen face au défi du niveau
Interrogé sur l’état de l’école dans son pays d’origine, Marwane DIALLO exprime une inquiétude profonde. Tout en se disant prêt à apporter son expertise bénévolement, il note un déclin alarmant de la qualité de l’enseignement.
« Par rapport à mon époque, le niveau a considérablement baissé. Il arrive de rencontrer des cadres qui peinent à structurer une analyse », déplore-t-il. Pour lui, la solution réside dans une réorientation vers les filières techniques et une meilleure circulation de l’information sur les opportunités internationales. Son message est clair : l’excellence guinéenne existe, mais elle doit s’outiller pour conquérir les laboratoires du futur.
Africaguinee et Educationactu.com


























