C’est l’histoire d’une double peine. Depuis deux ans, Fatoumata FOFANA, institutrice à l’école primaire Maman Henriette Conté, assure ses cours sans percevoir le moindre centime. Victime d’un imbroglio administratif lors du recensement biométrique, elle survit aujourd’hui entre précarité extrême et abandon familial, avec pour seul moteur une passion pour l’enseignement qui commence à s’essouffler sous le poids de l’injustice.
Une erreur administrative aux conséquences dramatiques
Tout bascule il y a deux ans. Alors que les agents recenseurs chargés de la biométrie passent dans son établissement, Fatoumata est absente. Elle n’est pas en vacances ; elle est au chevet de sa mère malade à Forécariah. Ce rendez-vous manqué avec l’administration fiscale va déclencher un séisme : le blocage pur et simple de son salaire au ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation.
Depuis, c’est le silence radio des autorités, tandis que les factures, elles, continuent de tomber.
« Si je ne viens pas, c’est que je n’ai plus de transport »
Le récit de son quotidien est déchirant. L’enseignante en est réduite à la plus grande transparence, même face à ses élèves. « Même mes élèves sont au courant de ce problème. Je leur ai dit que le jour où ils ne me voient pas, qu’ils sachent que je n’ai pas de transport pour venir », confie-t-elle, la voix nouée.
Travailler gratuitement pour l’État guinéen est devenu un sport de combat. Mais la détresse ne s’arrête pas aux portes de l’école.
Abandonnée de tous, sauf par sa vocation
Comme si l’asphyxie financière ne suffisait pas, sa vie personnelle a volé en éclats. Son mari, incapable de supporter cette situation de précarité prolongée, a quitté le navire. Aujourd’hui, Fatoumata Fofana se retrouve seule face à ses charges et à l’éducation de ses enfants.
« Ça fait mal : en tant qu’enseignante, tu travailles dur, mais tu n’as rien pour nourrir les tiens », semble crier chaque geste de cette femme qui, malgré tout, continue de se présenter devant son tableau noir.
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